La mise en examen de son PDG plonge Assu 2000 dans la tourmente
Assu 2000, renommé Vilavi début 2022 pour accompagner «le déploiement d’un plan stratégique ambitieux et la redéfinition complète de la raison d’être du courtier», est dans la tourmente. Après avoir été mis en examen de quatre chefs différents, dont «traite des êtres humains à l’égard des mineurs» et «viol sur mineure de plus de 15 ans», puis incarcéré le 21 mai, son fondateur et président directeur général, Jacques Bouthier, 75 ans, a démissionné de son mandat et de toutes ses activités et responsabilités au sein de l’entreprise, a indiqué le groupe mardi.
La gestion des affaires courantes «est assurée par l’équipe en place», précise le neuvième courtier français, spécialiste des particuliers, qui revendiquait 1.800 collaborateurs, 163 millions d’euros de chiffre d’affaires et près de 550.000 clients assurés en 2020.
Si l’entreprise explique que l’affaire, sordide, est «sans préjudice sur la conduite opérationnelle et commerciale de l’entreprise», ses conséquences se feraient déjà sentir. Groupama Pays Val de Loire, un des porteurs de risques avec lesquels travaille le courtier, «a décidé de mettre fin au partenariat avec l’intermédiaire», rapportait News Assurances Pro mardi. Parmi les autres assureurs qui travaillent avec Vilavi, Generali France se dit, de son côté, «extrêmement attentif aux développements de l’affaire», selon le site d’information spécialisé.
Outre les conséquences de l’image dégradée de l’entreprise, se pose la question de l’actionnariat. Le fondateur du courtier en assurances et en crédit détient 85% du capital de Vilavi, qui compte dix marques en plus d’Assu 2000, comme Euroassurance ou Vousfinancer. Le management détient les 15% restants. Rien n’oblige Jacques Bouthier à vendre ses parts, mais «le choc d’une éventuelle condamnation serait tel qu’il faudrait trouver une solution», estime un bon connaisseur du courtage en France.
Questionné sur le maintien de l’actionnariat familial après le départ de MMA en 2016, qui détenait 10% d’Assu2000, le directeur général délégué, David Guyonnet, s’était montré clair début 2022 dans un entretien à L’Argus de l’assurance : «Nous ne répondons pas aux appels du pied des fonds d’investissement. Jacques Bouthier n’envisage pas cette ouverture. La relève est déjà bien organisée !» La relève au capital pourrait intervenir plus vite que prévu.
Plus d'articles du même thème
-
«Tant que les révisions bénéficiaires vont plus vite que la compression des multiples, la Bourse peut absorber»
Pierre Castel, gérant de fonds, Crédit Mutuel Asset Management -
«Les interventions du Trésor américain pénalisent le dollar face aux autres devises»
Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPRAM. -
La livre retrouve espoir
Retrouvez la chronique heddomadaire de Defthedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
Contenu de nos partenaires
-
Prix des carburants : le spectre des gilets jaunes ressurgit sur les réseaux sociaux
Si des appels à la mobilisation générale pour le 17 octobre prochain essaiment sur les réseaux sociaux, l’exécutif, lui, temporise, estimant que les situations de 2018 et 2026 ne sont pas « comparables » -
La Fabrique de l'Opinion« Tant que le Conseil de sécurité de l'ONU comptera des pays autoritaires en son sein, une réforme paraît inatteignable »
Franck Petiteville est professeur à l’Institut d’études politiques de Grenoble. Il a écrit plusieurs livres sur les organisations internationales et le multilatéralisme, ses principaux sujets de recherche. L’ONU dans un monde en crise (CNRS éditions), paru le 10 septembre, est son dernier ouvrage -
SérieMoi, Christian de Perthuis, président : « Ce quinquennat sera celui de la sortie du backlash climatique »
A la demande de l'Opinion, l'économiste du climat s'est glissé dans les habits du locataire de l'Elysée. Il propose deux deux instruments pour sortir du backlash climatique