La migration Sepa reste un défi à six mois de la nouvelle échéance
Le «report» du Sepa était un mal nécessaire. A quinze jours de l’échéance initiale du 1er février, 84,1% des virements et 61,4% des prélèvements du marché français respectent le format Single euro payments area, selon la Banque de France. Ces chiffres sont supérieurs aux 71,6% et 39,4% constatés respectivement fin décembre, mais encore loin des 100% qui auraient assuré une bascule sans encombre à la date prévue.
Prenant acte du retard de nombreux pays, la Commission européenne a annoncé le 9 janvier une période de transition de six mois après la date butoir, jusqu’au 1er août, même si la modification du règlement Sepa doit encore être validée par le Conseil et le Parlement européens. La France se situe dans la moyenne: fin 2013, 74% des virements et 41% des prélèvements de la zone euro respectaient le nouveau standard, selon la Banque centrale européenne. Seulement une poignée de petits pays recourent uniquement aux coordonnées BIC/IBAN pour les virements, et la Slovénie était, à fin septembre, l’unique pays prêt pour les prélèvements.
La forte remontée des statistiques valide la théorie du big bang de la BCE, qui s’alarmait cet automne des risques liés à une montée en charge tardive. Ainsi, pour les 33 millions de prélèvements mensuels réalisés par l’Etat français, la bascule a eu lieu il y a quelques jours seulement, mais «avec succès» assure un proche du dossier qui évoque un taux de rejet «tout à fait raisonnable». Des régies locales ou de l’Etat doivent encore mener à bien leur chantier Sepa. «Dans la grande majorité des cas, la migration est prévue au 1er février, mais une certaine proportion auront besoin de semaines et mois supplémentaires», précise la même source. Au-delà des donneurs d’ordre publics et des grandes entreprises privées, les autorités comptent continuer à évangéliser les PME et TPE, en espérant que les six mois supplémentaires ne vont pas démobiliser les troupes.
Du côté des banques, l’Europe des paiements est un vaste chantier commercial et informatique... et une aubaine. Selon l’UFC-Que Choisir, 17 établissements français font supporter à leurs clients particuliers de nouvelles facturations liées au Sepa. Beaucoup continuent aussi à faire payer la mise en place d’un prélèvement (8,3 euros en moyenne) et sa révocation (13,8 euros), pointe l’association de consommateurs. La gestion des mandats de paiement est pourtant désormais assurée par les entreprises elles-mêmes, et non par leur banque (sauf en cas de délégation de gestion).
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