La Matmut échoue à céder MutRé mais pousse les feux dans la santé
Daniel Havis a confirmé vendredi ce qui se murmurait depuis plusieurs semaines : le dossier MutRé est bel et bien enterré. Trois actionnaires – la Matmut, Scor et un bloc Mutualité - détiennent chacun un tiers du réassureur, dont la mutuelle rouennaise a voulu débattre du sort en raison du changement de physionomie du monde mutualiste et de l’évolution des demandes de réassurance.
En raison de la taille du marché, MutRé risque ainsi de se retrouver à chasser sur les terres de Scor. La société, spécialisée dans la réassurance de personnes (avec 53% de l’activité en santé, 33% en prévoyance et 14% en dépendance), peut représenter une opportunité pour Scor sur ce segment, après son rachat de Transamerica Re en 2011 et de Generali US l’an dernier. Mais ce scénario de montée au capital de MutRé a buté sur une question de valorisation et pâti d’un manque d’enthousiasme du monde mutualiste. Chez Scor, qui se satisfait pleinement du statu quo, on souligne que les conditions adéquates n’ont pas été réunies côté vendeur. «Au pire, on mettra la machine en run-off», déclare Daniel Havis, qui souligne que l’activité ne perd pas d’argent même si elle distribue très peu de dividendes.
MutRé n’est pas le seul dossier d’actualité pour la Matmut. Elle poursuit les discussions avec la Macif à propos de son pôle vie (Matmut Vie). «Nous allons envisager d’entrer au capital de Mutavie», explique Daniel Havis, qui précise que l’opération n’impliquera pas le transfert du portefeuille existant. Sur le marché des entreprises, c’est le mouvement inverse avec la Macif qui monte à 40% du capital de Matmut Entreprises, rebaptisée Inter Mutuelles Entreprises. «Les tests sur les régions concernées ont été positifs», note Daniel Havis, qui annonce par ailleurs la nécessité d’une réflexion sur la gouvernance de Sferen, bientôt ramenée à deux membres (Macif et Matmut) après le retrait de la Maif.
En ce qui concerne la santé, Matmut Mutualité s’apprête à formaliser un accord politique avec Ociane, la première mutuelle santé du Grand Sud-Ouest, qui doit aboutir à une union de groupe mutualiste. Cela permettra de porter à plus de 500.000 le nombre de personnes protégées, contre un peu plus de 130.000 actuellement pour la Matmut seule. Dans un second temps, une intégration d’Ociane dans la mutuelle rouennaise est envisagée avec une date butoir fixée au 1er janvier 2017.
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