La Matmut adapte sa gouvernance en prévision de Solvabilité 2
La Matmut va devenir «Solvabilité 2-compatible». La mutuelle rouennaise a présenté hier une évolution de sa gouvernance qui prendra effet le 1er avril prochain. Les fonctions de président et de directeur général vont être dissociées. Daniel Havis, PDG depuis 1994, ne conservera que le fauteuil de président du conseil d’administration, laissant la direction générale à Nicolas Gomart, actuel directeur général délégué en charge des moyens centraux du groupe.
Agé de 50 ans, Nicolas Gomart a rejoint la Matmut en 2012 en tant que directeur général adjoint en charge de la comptabilité et des placements après un parcours chez Ofi Asset Management. Le directeur général délégué chargé des opérations, Thierry Masson, conservera pour sa part ses attributions.
Le bref communiqué de la mutuelle ne détaille pas les raisons qui président à cette évolution. Mais il ne fait guère de doute que le contexte réglementaire a influé largement. La directive Solvabilité 2, qui doit être transposée d’ici à fin mars en droit français pour une entrée en vigueur le 1er janvier 2016, prévoit en effet la fameuse règle des «quatre yeux», c’est-à-dire un double regard sur les décisions importantes de la part de «dirigeants effectifs».
Les discussions avec le Trésor ont été mouvementées sur cette question, les organismes mutualistes ferraillant contre le cadre initial qui prévoyait une différence de traitement selon le code d’appartenance. Pour ceux relevant du Code des assurances, comme c’est le cas pour la Matmut, il était question de rendre systématique la désignation d’un directeur général délégué comme dirigeant effectif, mettant le président du conseil sur la touche.
Une liberté de choix a finalement été préservée. Pour ces sociétés d’assurance mutuelle, le texte prévoit ainsi que «le directeur général, le ou les directeurs généraux délégués et les membres du directoire dirigent effectivement l’entreprise au sens de l’article L.322-3-2. Le conseil d’administration ou le conseil de surveillance peut également désigner comme dirigeant effectif une ou plusieurs personnes physiques, qui ne sont pas mentionnées à l’alinéa précédent, notamment le président du conseil d’administration».
Reste désormais à voir de quelle manière se comporteront des acteurs confrontés à la même situation que la Matmut, à l’image de la Maif qui compte un PDG (Dominique Mahé) et un directeur (Pascal Demurger).
Plus d'articles du même thème
-
Alphabet est dopé par la croissance fulgurante de son activité de cloud
S’il est le géant technologique qui cumule le plus de d'investissements en IA, Google a la confiance des investisseurs. Le bond de 63 % de son chiffre d’affaires pour son activité cloud au premier trimestre y contribue largement. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface. -
L’affaire Stellantis fait trembler la filière des produits structurés
Des produits structurés sur l'action Stellantis, quand celle-ci était au sommet, ont été massivement vendus à des épargnants aujourd'hui en passe de tout perdre. Un cas d'école dans ce marché où les flux de collecte restent élevés.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Mise au pointComment le gouvernement veut tuer tout retour du débat sur la cagnotte liée à la crise énergétique
Le rapporteur général du budget au Sénat, le LR Jean-François Husson, a estimé que le retour de l'inflation conduirait à près de 21 milliards d’euros de diminution de la charge réelle de la dette. Un chiffre que conteste l'exécutif -
Cyberattaque contre l’ANTS : un mineur de 15 ans placé en garde à vue
Deux semaines après l'attaque informatique contre l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), qui a provoqué une fuite massive de données, la procureure de la République de Paris a annoncé, jeudi 30 avril, l'interpellation et le placement en garde à vue d'un adolescent de 15 ans -
Présidentielle 2027 : Olivier Faure plaide pour « un seul candidat » de la gauche hors LFI
Invité sur RTL, jeudi 30 avril, le patron du Parti socialiste a appelé à ne pas « désespérer les Français en multipliant les ambitions » pour l'élection présidentielle de 2027