La Maif compte devenir le partenaire de référence de l’économie collaborative
L’objectif du plan 2009-2014 de la Maif était de mener à bien la transformation profonde de son réseau et de ses systèmes d’information - ce dernier chantier devant se prolonger jusqu’à 2017 - tout en maintenant ses parts de marché. Le plan stratégique 2015-2018 de la mutuelle se donne à nouveau des objectifs de conquête et de développement, tout en réaffirmant la singularité de son modèle.
«Cette rénovation constitue un socle pour aller plus loin dans un marché de l’assurance en mutation profonde, dans un contexte d’évolution réglementaire, avec la loi Hamon, et de rupture digitale et sociétale », explique Dominique Mahé, PDG de la Maif depuis 2014.
Baptisé en interne «l’audace de la confiance», ce plan 2015-2018 met l’accent sur l’innovation, le digital, l’ouverture à de nouvelles communautés (la Maif étant issue du monde enseignant) et l’économie collaborative. «La Maif a l’ambition d’être le partenaire de référence de cette économie de partage qui est proche de nos valeurs, et notre souhait est de soutenir cette économie. C’est aussi un objectif stratégique de développement d’être proches de ces start-up, pour nous moderniser et être plus innovants», précise Pascal Demurger, directeur du groupe Maif.
La mutuelle confirme son projet de créer cet été un fonds dédié à ses participations dans des start-up de l’économie collaborative, qui sera doté de plusieurs dizaines de millions d’euros. La Maif a engagé à ce jour un peu moins de 10 millions d’euros dans des sites comme GuesttoGuest ou Koolicar. Elle se refuse en revanche à nouer des partenariats avec de grandes entreprises de la sphère digitale, moins proches de ses valeurs, contrairement à un Axa, qui vient de nouer un partenariat avec BlaBlaCar mais est aussi liée à Facebook ou LinkedIn.
Le rapprochement avec l’économie collaborative, entamé depuis quelques années, concerne aussi les offres. «La dissociation croissante de la possession d’un bien et de son usage pose des questions à l’assurance. De plus en plus, il va être question de couvrir des moments d’utilisation et non pas d’assurer un bien de manière permanente», estime Pascal Demurger.
En 2014, la Maif a fêté ses 80 ans et dégagé un chiffre d’affaires de 194 millions d’euros, en hausse de 3,6 %. Le groupe a doublé ses fonds propres en 10 ans, à 2,2 milliards d’euros.
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