La Macif solde le dossier Macifilia avec pertes et fracas
En début d’année, la Macif avait décidé de prendre à bras le corps le problème Macifilia, une structure spécialisée dans le risque d’entreprises et victime d’une politique de souscription hasardeuse. L’assureur penche aujourd’hui pour une solution radicale, a appris L’Agefi: vider la filiale de sa substance et mettre en run off une partie du portefeuille.
«Ces orientations, qui doivent encore être validées, reposent sur deux idées: limiter les pertes financières qu’ont connues Macifilia et le groupe, et préserver les emplois», confirme Jean-Marc Raby, directeur général adjoint de la Macif.
Le portefeuille de risques de Macifilia, qui représentait près de 180 millions d’euros de primes en 2010 et 75 millions au premier semestre, devrait basculer chez la maison mère. Tout comme l’essentiel des 260 salariés de la filiale, dont certains seront appelés à une reconversion. Seuls devraient rester dans la structure Macifilia Courtage une vingtaine de collaborateurs.
Sur le portefeuille existant, un tiers (60 millions d’euros) sera géré en extinction jusqu’à fin 2012. Il s’agit de risques liés à l’assurance de flottes automobiles d’entreprise et de transport de marchandises. Le reste du portefeuille fera l’objet d’un nettoyage, avec une nette révision en hausse des tarifs dès cette année, la réduction ou le non-renouvellement de comptes, mais aussi le renforcement de certaines lignes produits.
En faisant porter directement par la maison mère les risques et les coûts de l’activité, le projet permettrait de redresser, au moins en apparence, les comptes de Macifilia. Un point essentiel aux yeux de l’Autorité de contrôle prudentiel, qui suit le dossier. Le groupe n’aurait plus besoin d’immobiliser du capital économique dans sa filiale.
Mais le retour à l’équilibre de l’activité logée chez Macif prendra du temps. Environ trois ans, selon des estimations internes non confirmées.
Macifilia a perdu 58,6 millions d’euros l’an dernier, contre 9,7 millions en 2009, en raison d’une hausse des sinistres. La mutuelle a dû injecter 55 millions sous forme d’emprunts subordonnés et d’avances en compte courant. Elle a aussi déprécié en totalité la valeur comptable de sa filiale (126 millions), à parts égales, en 2010 et à fin juin 2011. Selon plusieurs sources, la facture Macifilia pourrait atteindre la centaine de millions sur l’exercice. L’assureur, qui a perdu 45 millions au premier semestre, s’en serait bien passé.
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