La Macif muscle ses fonds propres grâce au marché de la dette hybride
La Macif se fait rare sur les marchés. L’émission d’un emprunt subordonné d’échéance 2023 le 28 février dernier, pour 250 millions d’euros, n’est que la deuxième du genre dans l’histoire de la mutuelle niortaise. La première remontait à 2005, avec un placement de titres subordonnés à durée indéterminée (TSDI) pour 150 millions d’euros. Natixis a structuré cette deuxième transaction et l’a placée avec HSBC.
«Les TSDI émis en 2005 ne représentaient plus que 10% du besoin en marge de solvabilité du groupe. Cela faisait plusieurs années que nous réfléchissions à faire appel à nouveau aux investisseurs», explique Olivier Arles, directeur général adjoint en charge du pilotage économique de la Macif. La mutuelle avait déjà failli émettre fin 2010, mais avait renoncé en raison du niveau des taux. La décision de se lancer sur les marchés a finalement été prise en conseil d’administration mi-novembre 2012.
Le processus aura donc pris trois mois. Il faut dire que, dans le cas des assureurs mutualistes, l’émission de titres subordonnés requiert un certain formalisme. Pour protéger les sociétaires, l’Autorité de contrôle prudentiel vise deux fois le projet: avant l’assemblée générale du groupe, qui doit approuver le principe de l’opération, puis lors du dépôt du dossier.
La Macif va ainsi muscler ses fonds propres, puisque ces titres subordonnés datés sont admissibles au calcul de la marge de solvabilité –au niveau individuel et consolidé– dans la limite de 25% du besoin de marge. L’emprunt réalisé représente plus de 17 points de marge par rapport à un besoin réglementaire fixé à 1,4 milliard fin 2011. La marge de solvabilité de la Macif atteignait 133% fin 2011 (142% en incluant les TSDI) et 161%, plus-values latentes incluses. En juin 2012, les deux ratios étaient passés à 135% et 177%. Ils ont encore augmenté au deuxième semestre.
«Cette émission a été réalisée sous format Solvabilité 1, mais ses caractéristiques devraient lui permettre de bénéficier pendant 10 ans des clauses transitoires sous Solvabilité 2, précise Olivier Arles. Emettre directement en format Solvabilité 2 nous aurait coûté plus cher.» Les titres ont été émis à un coupon de 5,5%, dans le bas de la fourchette, et à un rendement de 374 points de base au-dessus des swaps. Ils ont été acquis à 97% par des comptes français, et aux deux tiers par des assureurs. Le carnet d’ordres a atteint 360 millions d’euros.
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