La Macif entend restaurer ses marges de manœuvre en termes de fonds propres

L’assureur, qui travaille actuellement sur un plan triennal, devrait mettre l’accent sur l’amélioration du ratio combiné et de la rentabilité
Virginie Deneuville

La Macif doit «améliorer sa performance et sa rentabilité», a déclaré Jean-Marc Raby, nouveau directeur général de l’assureur mutualiste, à l’occasion de la présentation des résultats 2011. En termes de fonds propres, «nous devons reconstruire nos marges de manœuvre afin d’être serein face aux aléas futurs et aux investissements à venir.» Le groupe travaille actuellement à l’élaboration d’un plan stratégique triennal, qui «sera terminé pour la rentrée».

La marge de solvabilité sur fonds propres durs, déterminée sur la base des comptes consolidés en normes françaises, s’élève à 133% contre 121% un an plus tôt. «La Macif présente un très bas niveau de fonds propres, qui a été soutenu fin 2011 par plusieurs opérations ayant généré des plus-values», confirme Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures.

La Macif ne dégage «pas assez de résultats sous l’effet de plusieurs facteurs: des frais généraux trop élevés liés notamment au coût de l’organisation régionale du groupe et à une politique sociale historiquement généreuse. La trop forte mutualisation des risques se révèle en partie contre-productive en termes de développement et de résultats techniques. Enfin, les difficultés durables de la filiale Macifilia ont coûté plusieurs années de résultat », estime Cyrille Chartier-Kastler.

En 2011, sur la base d’un chiffre d’affaires en recul de 7% à 5,7 millions d’euros, le résultat net s’est établi à 60,4 millions d’euros, contre 212,8 millions un an plus tôt, dont 190 millions d’euros étaient «liés à l’évolution du régime fiscal sur la réserve de capitalisation», a relevé Roger Iseli, ancien directeur général. Le ratio combiné, en hausse de 0,4 point à 103,2%, est jugé «encore un peu haut» par le groupe, qui entend y travailler en 2012.

Macifalia, en perte de 109 millions d’euros, «a passé la période la plus critique», a estimé Jean-Marc Raby, prévoyant une «forte réduction» des pertes en 2012 et une perte «quasi nulle» en 2013.

Selon Cyrille Chartier-Kastler, «si le groupe a un potentiel incontestable pour repartir de l’avant, il a trop tardé dans l’optimisation des marges, le contrôle des filiales et le basculement dans une organisation nationale.» L’évolution de la gouvernance en 2011, qui réduit le poids des administrateurs issus des régions au conseil et renforce le contrôle des filiales, va dans ce sens.

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