La justice américaine songe à des poursuites pénales liées au scandale du Libor

Le New York Times évoque la nervosité gagnant des établissements financiers soucieux de parvenir à une issue à l’amiable
Benoît Menou

Les derniers jours ont offert leur volumineux lot d’actualité, bruits de couloir ou déclarations officielles, sur le scandale de manipulation du Libor qui menace d’ébranler nombre d’établissements financiers tout en pointant la rigueur des régulateurs. Le New York Times croit ainsi savoir que la justice fédérale américaine envisage de lancer des poursuites pénales contre plusieurs banques impliquées, dont au moins deux européennes, et à l’encontre de certains salariés.

Certains traders de Barclays seraient concernés. Les poursuites pourraient être effectivement lancées contre une banque cette année. Le quotidien new-yorkais évoque une réflexion de lancement de poursuites de la part de certains états ou villes outre-Atlantique. De quoi selon l’article susciter un empressement de la part des banques à convenir d’une issue amiable. Une affaire «inhabituellement complexe» qui devrait encore durer des années, assure le quotidien de sources proches.

En Europe, c’est l’hebdomadaire allemand Spiegel qui avançait hier que Deutsche Bank avait entériné un accord de coopération avec la Commission européenne afin de limiter l’éventuel impact financier que pourrait avoir à subir la banque. Deutsche Bank, qui tiendrait ainsi le rôle de «témoin repenti», a refusé de commenter l’information.

Vendredi déjà, Barclays tentait de rassurer ses salariés. Dans une note interne adressée au personnel, et dévoilée hier par Reuters, le comité exécutif de la banque britannique veut croire que les amendes qui seront infligées à d’autres établissements mettront peu à peu «en perspective» les soucis de Barclays. Les dirigeants reconnaissent tout de même que clients, actionnaires et régulateurs ont «tous le droit de se sentir déçus» mais écartent tout brusque changement de stratégie.

Les régulateurs ont également alimenté la chronique, des deux côtés de l’Atlantique. La Banque d’Angleterre a en effet publié un échange de courriers électroniques dans lequel il apparaît que son gouverneur Mervyn King avait appuyé en 2008 des propositions de réforme du mode de calcul du Libor formulées par l’actuel secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner, alors président de la Réserve fédérale de New York. Cette dernière a assuré vendredi qu’elle avait informé en avril 2008 des responsables financiers américains de haut rang de la possibilité que des banques minimisent leurs coûts d’emprunt dans le processus de détermination du taux interbancaire.

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