La garantie des passifs de Dexia engage les Etats pour vingt ans
Le gouvernement belge, qui avait sollicité l’opinion de la BCE sur le décret actant les modalités du démantèlement de Dexia, a reçu une rebuffade vendredi, Francfort estimant que la garantie de refinancement octroyée par la Belgique devait être amendée. Rebuffade limitée puisque la BCE n’a pas de pouvoir coercitif en la matière.
La France n’en est pas encore là, le projet de loi rectificative, adopté hier à l’Assemblée par 49 voix contre 25, étant débattu demain au Sénat. Mais les arguments de la BCE restent valables – le dispositif de garantie de passifs étant conjoint aux Etats belge, français et luxembourgeois.
La BCE estime que cette garantie pourrait être assimilable à une aide à long terme. En effet, le mécanisme devant faciliter le financement de Dexia est applicable aux montants «levés ou émis jusqu’au 31 décembre 2021», sachant que la garantie «sera d’une durée maximale de dix ans», indique le texte du projet de loi. L’engagement de l’Etat de 32,8 milliards d’euros (36,5% échu à la France du plafond de 90 milliards d’euros du besoin de ressources maximum estimé) court donc en pratique jusqu’en 2031.
Cela dit, la solution des garanties, retenue pour le financement de Dexia, ainsi que pour le portefeuille de créances de 10 milliards d’euros accordées aux collectivités locales françaises, a l’avantage de ne pas nécessiter de décaissement – tant qu’elles ne sont pas appelées – et d’être rémunérée.
C’est pour ces raisons qu’une recapitalisation a été rejetée: si elle offre la possibilité d’une restructuration rapide, «elle aurait un coût immédiat très élevé et entraînerait un risque de litiges avec les actionnaires minoritaires. [En outre] le calibrage du montant nécessaire pour permettre à Dexia d’avoir accès aux marchés de financement est particulièrement complexe», précise le texte.
L’Assemblée entend garder un œil sur le processus: le député Michel Bouvard, président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts, a proposé dans un amendement l’élection d’un censeur au conseil d’administration de Dexia Crédit Local, par la commission des finances de l’Assemblée.
Point positif, Bruxelles a autorisé hier temporairement le volet belge du plan. Reconnaissant que la nationalisation de Dexia Banque Belgique vise à préserver la stabilité financière, la Commission demande à l’Etat de lui présenter un plan pérenne pour la banque et juste à l’égard de la concurrence dans un délai de six mois.
Plus d'articles du même thème
-
Le FEI investit 50 millions d’euros dans un fonds italien de résidences étudiantes
Le Fonds Européen d’Investissement est accompagné par une filiale de la Cassa Depositi e Prestiti dans le véhicule immobilier. -
L&G nomme Pauline Plunkett à la tête de la gestion d’actifs en Europe
Cette région pèse 100 milliards d’euros d’actifs pour le groupe britannique. -
Azimut poursuit ses acquisitions aux Etats-Unis
Le gestionnaire d’actifs italien a annoncé l’acquisition de Beanstox, une application d’investissement aux Etats-Unis.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Course de lenteurJordan Bardella-Mediapart : pourquoi la justice ne tranchera sans doute pas avant la présidentielle
Diffamation, citation directe, plainte pour faux… Vingt-quatre heures après l'enquête de Mediapart lui attribuant des écrits antisémites, qu'il dénonce comme des « faux grossiers », Jordan Bardella n'a pas encore choisi son arme judiciaire. Or ce choix pourrait décider de l'issue et de son calendrier -
EmballementComplot terroriste ou simple vol de carburant : que s'est-il passé dans cette base militaire anglaise ?
Après l’arrestation de cinq hommes soupçonnés de terrorisme aux abords de la base de Fairford, un site militaire utilisé par l’armée américaine, leur libération rapide interroge la gravité réelle de la menace. -
Retour de flamme« Il sait très bien ce qu’il fait » : le tacle calculé de Patrick Martin contre la CFDT et la CGT
En riposte aux critiques de Marylise Léon et Sophie Binet sur ses liens supposés avec l'extrême droite, le président du Medef accuse les centrales de « se politiser à outrance »