La fuite des dépôts en Belgique profite aux filiales de banques étrangères

Dexia Banque Belgique et KBC auraient respectivement subi 3,5 et 1,4 milliards d’euros de retraits des comptes épargne de leurs clients
Antoine Landrot

La fragilité du système bancaire belge a ébranlé la confiance de la clientèle. Selon une enquête du quotidien De Tijd, Dexia Banque Belgique (DBB, ancienne filiale de détail du groupe Dexia) et KBC ont souffert d’une fuite des dépôts de leurs comptes épargne en 2011.

Victime des déboires de sa maison mère - dont ses actionnaires, les Etats belge, français et luxembourgeois, ont entrepris le démantèlement à partir d’octobre -, DBB a subi les retraits les plus massifs: 3,5 milliards d’euros, soit une chute de 10,4% des dépôts, selon les chiffres collectés par De Tijd.

KBC, engagé dans un processus de cessions en échange des 7 milliards d’euros d’aides publiques reçus pendant la crise de 2008-2009, a vu les dépôts de ses clients s’atrophier de 4,1% (soit 1,4 milliard d’euros). BNP Paribas Fortis, ex-Fortis Bank, ancien fleuron national repris par le groupe français en octobre 2008 au plus fort de la crise financière, a subi un très léger recul des dépôts de ses clients. La méfiance des marchés à l’égard de BNP Paribas pendant l’été, liée à la crise des dettes souveraines en zone euro qui a entravé son accès à la liquidité en dollars, expliquerait les craintes de quelques clients. Le recul des dépôts reste toutefois limité à 0,2% de la base de dépôts sur les comptes épargne, soit 130 millions d’euros.

A contrario, les autres filiales de banques étrangères ont profité de la désaffection pour les enseignes nationales. La banque en ligne de la néerlandaise Rabobank a vu les dépôts de ses comptes épargne bondir de 38% (1,43 milliard d’euros), tandis que sa compatriote ING a enregistré l’afflux de 2,1 milliards d’euros (+8,5%). Deutsche Bank a bénéficié d’un apport de 800 millions d’euros (+8,4%).

Les petits acteurs locaux comme Argenta (900 millions, +5,5%), Centea / Landbouwkrediet (459 millions, +4,9%) et Record Bank (400 millions, +6,7%), à l’image peu, voire pas écornée, ont également connu un afflux significatif.

Reste à savoir comment les banques protégeront leur base de dépôts en 2012. La nationalisation de DBB, décidée en octobre dernier par le gouvernement belge et adoptée par le parlement, devrait par exemple déjà avoir freiné la fuite des dépôts. «Inciter les déposants à s’orienter vers des comptes à terme plutôt que conserver leur épargne dans des comptes à vue s’avérera indispensable en cas de difficultés de financement », estiment les analystes de RBS.

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