La France mesure toute la sensibilité du dossier Dexia
Si Dexia fait partie de la liste des 130 banques jugées systémiques soumises à l’examen de la qualité des actifs (asset quality review, ou AQR, lancé entre février et juin 2014), la BCE précise que l’établissement franco-belge ferait l’objet d’un traitement particulier. Raison invoquée, «l’évaluation étendue de sa situation financière et de son profil de risque effectuée en octobre 2011 et approuvée par la Commission fin décembre 2012».
Le groupe, contrôlé à 95% par les Etats belge et français, est en effet sous le coup d’un plan de résolution ordonné, qui le verra disparaître à l’issue de la cession totale de ses 238 milliards d’euros d’actifs (au 30 septembre dernier).
Mais ce traitement ne rassure pas tout à fait Paris. De sources proches, les pouvoirs publics sont très attentifs à l’AQR alors que le plan de résolution de 2012 est censé éviter une nouvelle augmentation de capital qui se répercuterait sur les comptes publics. L’injection de fonds propres de 2012 avait été calibrée selon certaines hypothèses macro-économiques et de marché. Mais même si les hypothèses macro sont révisées tous les 6 mois, les échéances au bilan de Dexia sont telles qu’elles laissent ses actionnaires dans une relative incertitude. L’objectif de l’AQR est précisément d’évaluer la marge de manœuvre en capital des banques sous stress.
Selon les projections du plan de résolution, la banque devrait afficher encore un bilan de 150 milliards d’euros en 2020. Mais l’échéance moyenne des prêts devrait se maintenir autour de 13 ans, étant donné ses engagements à 30 ou 40 ans – nombreux en raison de l’activité de prêts aux collectivités locales et aux infrastructures.
Lors de leur passage devant les députés de la commission des finances en mai, ses dirigeants avaient d’ailleurs averti de la sensibilité de la «trajectoire prévisible» de la banque résiduelle aux éléments extérieurs, notamment l’évolution des marchés dans le cadre de son financement, mais aussi le risque juridique face à une possible avalanche de procédures de collectivités locales.
Pour l’instant, Dexia jouit d’un coussin de fonds propres réglementaires confortable (20,7% de ratio core tier one au 30 septembre) qui lui permet d’absorber les pertes, pour l’instant supérieure à la réduction du bilan. Le plan prévoit une remontée du ratio à compter de 2015.
Plus d'articles du même thème
-
L’Etat allemand prépare son désengagement d’Uniper
Trois ans et demi après avoir nationalisé l’énergéticien pour éviter sa faillite, Berlin hésite entre une nouvelle mise en Bourse et une cession de gré à gré. -
Euroclear et la Banque de France souhaitent séduire les investisseurs avec leurs NEU CP tokenisées
Les premières émissions tokenisées de titres de créances à court terme, les Negotiable EUropean Commercial Paper, auront lieu en septembre prochain. -
L’économie japonaise accélère au premier trimestre
La croissance du PIB a dépassé les attentes en début d’année à +2,1 % en rythme annualisé, mais le deuxième trimestre devrait subir les conséquences du conflit au Moyen-Orient, laissant la banque centrale en position d’attente.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
- Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- Indosuez Wealth écope d'une amende de plus de 13 millions d'euros en Espagne
Contenu de nos partenaires
-
IA, défense et diplomatie : les conseils aux Européens distillés par la retraitée Angela Merkel
Discrète depuis 2021, l’ex-chancelière allemande a profité de la remise d’un prix à Strasbourg pour passer des messages aux Vingt-Sept, elle dont l’héritage européen ne fait pas l’unanimité. -
EditorialEducation nationale : la maison brûle et le ministre propose un âge minimum pour le bac
Le niveau des élèves recule depuis vingt ans dans les classements internationaux, mais c’est pour freiner les plus surdoués d’entre eux qu’il faudrait mobiliser les services du ministère -
Epidémie d’Ebola en RDC : pourquoi le vaccin actuel ne suffit pas
Une souche moins connue du virus Ebola est à l'origine de cette nouvelle épidémie. Les vaccins connus ne suffisent pas à l'endiguer et l'ampleur de la situation n'est pas encore déterminée