La France est championne du monde de la lutte anti-blanchiment
Conséquence de la crise sanitaire, la mission d’évaluation aura été repoussée trois fois avant la visite sur place à l’été 2021 du Groupe d’action financière (Gafi), l’organisme intergouvernemental fondé en 1989 par le G7 et chargé de la définition des normes internationales de lutte contre le blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (LCB FT). Mais le résultat est flatteur : la France est reconnue pour la qualité de ses dispositifs préventif et répressif. Elle obtient des notations de niveaux «élevé» ou «significatif» sur la plupart des éléments évalués, comme la coopération internationale, l’investigation et les poursuites, la confiscation, le renseignement financier… Championne du monde ? Pas partout. L’évaluation est de niveau «modéré» pour la supervision et les mesures préventives, mais aucun sujet n’a été jugé de niveau «faible».
Didier Blanquy, le président du Conseil d’orientation de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Colb), chargé par le gouvernement de superviser l’évaluation de la France par le Gafi et épaulé par une «task force» interministérielle, a souligné «les excellents résultats de la France qui se place en tête des pays les plus efficaces grâce à un cadre juridique très robuste, (…) à un équilibre entre le volet préventif et le volet répressif et à des pôles d’expertise très fortement coordonnés entre eux.» Le pays a effectivement renforcé plusieurs réglementations liées à la LCB FT, devenue priorité nationale après les attentats de 2015, depuis le plafonnement des transactions en espèces à 1.000 euros jusqu’à l’assujettissement des acteurs des cryptoactifs (Psan, prestataires de services sur actifs numériques) à la réglementation LCB FT, en passant par des mesures améliorant la transparence et des moyens supplémentaires attribués à Tracfin, la cellule de renseignement financier.
Coût de la conformité
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) qui contrôle établissements financiers et assureurs joue un rôle crucial dans l’application des règles de LCB FT. «Comme en atteste l’évaluation très positive du Gafi, la culture de la LCB-FT s’est diffusée au sein des les établissements supervisés qui investissent en technologies et en ressources humaines, ce qui n’est pas toujours facile pour les plus petits établissements, explique Dominique Laboureix, secrétaire général de l’ACPR. Cependant, tout le monde n’est pas encore à l’état de l’art. Nous continuons à sanctionner en moyenne une demi-douzaine d’établissements par an.»
Des progrès restent à faire. Le Gafi entre dans le détail de chaque amélioration possible et émet dix recommandations prioritaires. Le renforcement de la sensibilisation et de la supervision des acteurs non financiers, en particulier des agents immobiliers et notaires, arrive en tête. Devant l’augmentation des effectifs locaux d’enquêteurs spécialisés en LCB et l’équipement des greffes des tribunaux de commerce (chargés des registres de bénéficiaires effectifs) en outils de vérification de l’authenticité des documents. Des mesures sont à prendre également pour mieux contrôler la probité des personnes politiquement exposées, y compris plus d’un an après leur cessation d’activité politique, et pour mieux évaluer les risques de financement du terrorisme dans le secteur associatif.
Plus d'articles du même thème
-
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
TotalEnergies doit inclure les émissions de scope 3 dans son plan de vigilance
Le tribunal judiciaire de Paris donne six mois au pétrolier pour compléter sa cartographie des risques et y inclure les mesures nécessaires. Retour devant le juge le 21 janvier 2027 pour un contrôle. -
Rcube Asset Management obtient son agrément MiCA
La société de gestion alternative française Rcube AM, qui s’est lancée dans les actifs numériques à la fin des années 2010, a déjà deux équipes de gestion de stratégies explorant les inefficiences de la classe d'actifs sur sa plateforme.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah -
EditorialMeurtre de Louis à Narbonne : sait-on encore regarder la réalité ?
Un crime épouvantable ne le devient pas moins parce que c’est un média d’extrême droite qui le documente