La fondation à la tête de Monte Paschi négocie avec ses créanciers pour conserver son emprise
La «Fondazione Monte dei Paschi» se bat pour conserver son rang. La fondation, qui contrôle 48,4% du capital de Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), la plus vieille banque au monde, discute avec ses créanciers bancaires «de la redéfinition de la structure du collatéral adossé aux contrats existants». Cette renégociation des conditions d’emprunt sont à «un stade avancé», a précisé la fondation. Une étape rendue obligatoire par le bris de covenants financiers, l’action BMPS étant tombée vendredi sous le seuil fatidique des 23 cents, selon Bloomberg. Le titre, qui a chuté de plus de 65% au cours des six derniers mois, a clôturé hier à 24 cents, valorisant l'établissement autour de 2,6 milliards d’euros.
Les discussions se concentrent autour de deux prêts bancaires, d’une valeur globale de 1,1 milliard d’euros, garantis avec des actions BMPS. En juin, la fondation avait emprunté 600 millions d’euros auprès de onze banques, emmenées par JPMorgan, afin d'éviter la dilution de sa participation majoritaire à l’occasion d’une augmentation de capital de 2,15 milliards d’euros. L’autre prêt, d’un montant de 490 millions d’euros, a été souscrit pour acheter des titres hybrides (Fresh) vendus par BMPS en 2008. Selon Dow Jones, Credit Suisse est le premier créancier de la banque italienne, avec 300 millions d’euros, suivi par Mediobanca (200 millions d’euros).
De source proche du dossier, Reuters évoquait hier l’idée que les créanciers accordent un délai d’un an à BMPS, période à l’issue de laquelle elle devrait avoir trouvé un acheteur pour une participation comprise entre 10 et 15%. Affaiblie à la fois par la chute du cours, qui pèse sur ses conditions d’emprunt, et par l’absence de remontée de dividende, la fondation voit ses marges de manœuvre fortement réduites en vue d'éventuelles augmentations de capital supplémentaires. Selon les derniers tests conduits par l’Autorité bancaire européenne (ABE), BMPS pourrait être contrainte de lever 3 milliards d’euros afin de satisfaire aux nouvelles exigences.
Dans ce contexte, l'établissement a commencé, d’après Reuters, à vendre sa participation de 1,9% dans Mediobanca. Elle pourrait également céder des actifs dans la Cassa Depositi e Prestiti ou dans l’immobilier.
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