La finance allemande devrait soutenir le marché des fusions-acquisitions
Selon une étude de PricewaterhouseCoopers (PwC), de futures mouvements de recomposition dans le secteur de la finance allemande apparaissent très probables.
En effet, le système allemand, constitué de banques commerciales (Deutsche Bank, Bayerische Hypovereinsbank, Commerzbank et Dresdner Bank), de banques régionales et de banques populaires et enfin de mutuelles agricoles (Raiffeisen), reste très fragmenté. A titre d’exemple, «les cinq plus grosses institutions du secteur en Allemagne ne pèsent que 22% du total des actifs, contre 80% au Royaume-Uni». Et l’influence des pouvoirs publics est beaucoup plus visible dans le système bancaire allemand que dans les autres pays européens ou aux Etats-Unis.
Par ailleurs, la Commission européenne a incité les banques ayant reçu l’aide de l’Etat à céder une partie de leurs actifs dans le souci de garantir la concurrence. Ainsi, plusieurs opérations sont attendues. LBBW devrait céder ses 20% de HSBC Trinikaus & Burkhardt AG, dont la valeur est estimée à 955 millions d’euros. De même, Commerzbank doit se séparer de Eurohypo AG (valeur estimée à 4,02 milliards d’euros) et d’Allianz Dresdner Bauspar AG (valeur estimée à 99 millions d’euros).
PwC détaille trois types d’acquéreurs potentiels pour ce type d’opérations. Premièrement, des banques locales désireuses de renforcer leur implantation et n’ayant pas reçu d’aide de l’Etat comme Deutsche Bank, Helaba, Landesbank Berlin et Unicredit/HVB. Deuxièmement, malgré des niveaux de marge serrés, certaines banques étrangères qui ont su garder des excédents de capitaux en dépit de la crise peuvent avoir un intérêt ponctuel. Enfin, les fonds private equity commencent à retrouver de l’appétit pour des opérations d’acquisitions, comme dans la vente de WestImmo, la filiale immobilière de WestLB.
Au total PwC, estime à 6,6 milliards d’euros la valeur comptable des actifs susceptibles de changer de mains. Hervé Demoy, associé spécialiste du secteur financier chez PwC en France, indique toutefois que le contexte actuel ne favorise pas les grosses acquisitions, mais plutôt des acquisitions stratégiques ciblées, dans des montants de transaction compris entre 200 millions et un milliard d’euros. Il précise en outre que l’Etat allemand n’est pas non plus prêt à céder la majorité de ses participations dans les banques publiques malgré son besoin de réduire sa dette publique.
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