La fin du Libor relance la question de l’avenir de l’Euribor
La disparition programmée du Libor d’ici à la fin de 2021 pose la question du futur de son cousin européen, l’Euribor. La semaine dernière, le régulateur du Royaume-Uni, la Financial Conduct Authority (FCA), a appelé les banques à remplacer l’indice interbancaire britannique par d’autres références. «Il me semble que ce qui est valable pour l’un [ndlr : le Libor] est valable pour l’autre [l’Euribor] , estime un connaisseur. «La soutenabilité de l’Euribor peut aujourd’hui être remise en question au regard de la position de la FCA sur le Libor et du mouvement en faveur de l’adoption d’indices de référence alternatifs et sans risque», note le stratégiste de SG CIB, Adam Kurpiel.
Comme celle du Libor, la réputation de l’Euribor a été ternie par des scandales de manipulation à partir de 2012. Ceux-ci ont conduit à revoir en profondeur la gouvernance de l’indice européen aujourd’hui administré par l’European Money Markets Institute (Emmi). Après que le Conseil de stabilité financière (FSB) a préconisé en 2014 d’élaborer des indices sur la base de transactions réelles et non plus sur les estimations des banques, Emmi a cherché à revoir ses méthodes.
Manque de données
En mai, l’administrateur a cependant annoncé qu’il renonçait à développer un indice basé uniquement sur des transactions réelles et allait développer une méthode de calcul hybride. Comme ceux qui ont souhaité faire évoluer le Libor, Emmi s’est heurté au manque d’activité et donc de données sur le marché de référence de l’indice. L’administrateur n’a pas souhaité commenter les annonces de la FCA.
Parmi les alternatives possibles au Libor, le régulateur britannique a évoqué le taux Sonia, qui reflète les taux de financement à un jour des banques sur le marché non sécurisé en livres. Cette référence, récemment adoubée par l’industrie financière, doit être refondue d’ici à avril 2018, sous la houlette de la Banque d’Angleterre, pour prendre en compte plus de transactions. «La BCE dispose désormais de données adéquates pour développer un nouvel indice au jour le jour comparable au Sonia réformé», note Adam Kurpiel de SG CIB. A ses yeux, l’Eonia, le taux au jour le jour du marché monétaire européen, calculé par la BCE «n’est pas une alternative idéale». L’indice, qui pourrait faire l’objet d’une refonte de son calcul par Emmi, est lui aussi confronté à la baisse des volumes traités sur le marché interbancaire.
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