Les régulateurs plaident pour des alternatives aux taux interbancaires
Les régulateurs internationaux continuent de mettre la pression sur les fournisseurs de taux de référence pour que ces «benchmarks» soient le plus possible à l’abri de soupçons de manipulation. Le Conseil de stabilité financière (FSB) plaide dans un rapport publié hier pour l’élaboration rapide d’alternatives au Libor, à l’Euribor et au Tibor qui serviraient de référence au marché des dérivés.
Les taux interbancaires ayant été éclaboussés par des scandales de manipulation, les organismes chargés de les publier ont entamé des réformes. L’administration du Libor est passée des mains de la fédération bancaire britannique (British Bankers’ Association) à celles du groupe boursier ICE. Quant à l’administrateur de l’Euribor, récemment rebaptisé European Money Markets Institute (EMMI), il a, entre autres, revu sa gouvernance et diminué le nombre de maturités de l’Euribor. Les régulateurs de marchés internationaux réunis au sein d’Iosco estiment que les administrateurs de taux de référence ont «réalisé des progrès significatifs» pour appliquer les principes de solidité des «benchmarks» qu’ils ont établis en juillet dernier. Cependant, ils estiment qu’il reste encore du travail à faire pour rendre les taux plus fiables. Les banques centrales et administrations financières des Etats qui sont aussi représentées au FSB partagent cet avis.
A leurs yeux, les administrateurs doivent dans la mesure du possible étayer leurs taux existants par des données sur les transactions de marché. D’ici à la fin de l’année 2015, ils devront avoir travaillé à la méthodologie de ces «Ibor+», avoir consulté l’industrie sur d’éventuels changements et réfléchi à des stratégies de transition vers ces références améliorées. Parce qu’ils continueraient à être liés au risque de crédit des banques contributrices, ces «Ibor+» seraient adaptés pour servir de référence aux prêts, soulignent notamment les autorités britanniques.
Par ailleurs, les administrateurs sont priés de travailler, avec l’industrie, à des taux alternatifs «dénués de risque» (Risk-free rates). L’Eonia est cité en exemple. Ces taux sont envisagés comme des références plus adaptées aux produits dérivés. Le FSB encourage donc les administrateurs à développer au moins une de ces alternatives, d’ici au deuxième trimestre de 2016. Les acteurs du marchés des dérivés devraient alors se tourner vers ce nouveau taux.
Le FSB insiste sur la nécessité de coopérer au niveau international.
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