La Fed met la barre haut pour ses nouveaux tests de résistance bancaire

Alors que la BCE doit encore dévoiler les hypothèses macroéconomiques de son examen du secteur, la Réserve fédérale étoffe sa batterie de tests
Alexandre Garabedian

En matière de stress tests, les Etats-Unis gardent une longueur d’avance sur l’Europe. La Fed a publié le 1er novembre les nouvelles hypothèses macroéconomiques du bilan de santé qu’elle appliquera au secteur en 2014, alors que les investisseurs attendent toujours celles de la BCE pour sa revue de la qualité des actifs (AQR). La Réserve fédérale, dont les premiers tests au printemps 2009 avaient constitué un tournant dans la crise financière, en a profité pour durcir son approche et livrer des éléments éclairants sur ses préoccupations du moment.

La banque centrale a ainsi porté de 18 à 30 le nombre de banques soumises à l’exercice. Parmi les 12 nouveaux élus figurent les filiales américaines de BBVA et Santander, ainsi que HSBC North America. Pour la première fois, les huit institutions considérées comme systémiques (State Street, Bank of New York, Wells Fargo et les firmes de Wall Street) devront tester l’impact d’un défaut de leurs contreparties dans leurs activités de prêt-emprunt de titres et de repo. Six ans après la chute de Lehman Brothers et d’AIG, la Fed veut ainsi tirer les leçons du risque d’interconnexion entre grandes institutions, dans un contexte de croissance continue de la finance de l’ombre (shadow banking).

Ce scénario de défaut de contrepartie s’ajoutera aux trois scénarios – central, adverse et «sévèrement adverse» – appliqués à l’ensemble des 30 banques. Sous les deux scénarios les moins favorables, la Fed testera quatre chocs de marché dont les hypothèses seront précisées d’ici au 15 novembre: une hausse brutale des taux longs; un choc de crédit dans les pays émergents; une nouvelle crise souveraine en zone euro suivie d’une de la monnaie unique; et enfin, des hausses de primes de risques sur les marchés actions et crédit semblables à celle du deuxième semestre 2008.

La Réserve fédérale a par ailleurs placé haut la barre dans ses hypothèses. Le plus pessimiste des trois scénarios envisage une hausse du chômage à 11,25% au premier trimestre 2015, une contraction du PIB de 4,75 points entre septembre 2013 et fin 2014, un plongeon de 50% de la Bourse d’ici à fin 2014 et de 25% des prix des logements d’ici à début 2016. Sur la période 2013-2014, dans un contexte de récession mondiale, l’économie de la zone euro se contracterait pour sa part de 5,75%. Une hypothèse qu’il sera intéressant de comparer avec celle de la BCE.

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