La facture du scandale du forex pourrait dépasser les 10 milliards de dollars
Pour l’heure bloqué à 4,7 milliards de dollars, le montant des amendes infligées dans le scandale de la manipulation du forex pourrait gonfler dans les prochaines semaines. A l’occasion de ses résultats trimestriels, Royal Bank of Scotland (RBS) a indiqué être «en discussion avancée» avec le département de la Justice américain (DoJ) pour mettre un terme à son enquête. La banque a mis de côté 334 millions de livres supplémentaires, qui portent à 704 millions la provision pour litige liée à ce scandale.
Ce montant est légèrement supérieur à l’amende de 1 milliard de dollars que le DoJ envisagerait de négocier individuellement avec cinq établissements, rapportait fin avril le Financial Times. Outre RBS, les banques JPMorgan, Citigroup, UBS et Barclays seraient concernées. Le quotidien précisait que le DoJ souhaiterait parvenir à une solution globale dès la mi-mai, bien que certaines sources citées par le journal doutent de la faisabilité d’un tel accord multilatéral.
Dévoilé peu à peu depuis le printemps 2013, le scandale du forex a livré en novembre sa première salve d’amende. La FCA britannique et la CFTC américaine s’étaient coordonnées pour infliger des amendes respectives de 1,11 milliard de livres et 1,47 milliard de dollars à cinq banques (Citi, UBS, HSBC, JPMorgan et RBS). Le même jour, la Finma suisse avait pénalisé UBS de 134 millions de francs suisses. Bank of America, Citi et JPMorgan avaient par ailleurs écopé d’une amende globale de 950 millions de dollars auprès de l’OCC américain.
Outre les sanctions des régulateurs, les banques sont aussi en proie à l’ire de leurs clients. Le 29 avril, Bank of America s’est résolue à payer 180 millions de dollars pour mettre fin aux accusations d’un investisseur. JPMorgan et UBS ont clos des procédures cette année en déboursant respectivement 99,5 et 135 millions de dollars.
Compte tenu des négociations avec le DoJ, la facture du forex pourrait rapidement dépasser les 10 milliards de dollars, sans préjuger d’autres procédures de clients mécontents. D’autres enquêtes sont par ailleurs menées, notamment par le DFS. Le régulateur bancaire de l’Etat de New York s’intéresse à des usages frauduleux d’algorithmes chez Barclays et Deutsche Bank, qui n’a pour l’heure pas encore été pénalisée.
Plus d'articles du même thème
-
La tech tremble en Bourse sur fond de menace chinoise et de surinvestissement
Le secteur des semiconducteurs a encore été malmené ces dernières heures. L’irruption de concurrents chinois et des interrogations sur l’ampleur des dépenses de certains acteurs inquiètent. -
Bridgepoint signe un LBO dans la cybersécurité
Le fonds britannique entre au capital de l’éditeur belge de logiciels Lansweeper, marquant le premier LBO majoritaire de l’entreprise. -
BioMérieux réduit ses ambitions pour 2027 et 2028
Le laboratoire vise désormais une croissance organique annuelle comprise entre 3% et 6% pour les deux prochaines années.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
L'air du largeGéopolitique fiction (2) – Proche-Orient 2027 : brouillard généralisé
Continuons notre courte liste de scénarios perturbants et de politique fiction qui pourraient survenir l'an prochain sur la scène internationale -
La City contre-attaqueMais qu’est devenue l’idée d'un « Singapour-on-Thames » à Londres ?
SERIE. Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations de la City, depuis le Brexit puis le Covid qui ont ébranlé cette place financière, longtemps considérée comme sans rivale en Europe. Dans cet épisode, retour sur le projet d'un environnement règlementaire beaucoup plus souple, à l'image de Singapour. -
- 11 % à Séoul, - 4 % à Tokyo : pourquoi les Bourses asiatiques ont-elles lourdement chuté mardi ?
Mardi, les marchés asiatiques ont encaissé une nouvelle forte baisse dans un contexte d’inquiétudes sur le marché des semi-conducteurs et de l'IA