La directive fonds propres pourrait préserver les bancassureurs
Une solution se dessine dans l’épineux dossier du traitement prudentiel des participations bancaires dans les filiales d’assurance. Dans son projet de directive CRD 4, le texte qui inscrira en droit européen les règles Bâle 3, la présidence danoise a retenu une option différente de celle que proposait le Comité de Bâle. Elle serait moins pénalisante pour les banques ayant de grandes filiales d’assurance. A condition que le texte soit finalement adopté en l’état, ce qui n’est pas encore acquis. D’où le silence des banques sur le sujet.
La proposition danoise considère ces participations comme des actifs pondérés en risque. La part en capital qu’une banque détient dans sa filiale d’assurance serait ainsi pondérée à hauteur de 370% pour le calcul de ses fonds propres réglementaires à mettre en face. Pour bénéficier de ce traitement, le groupe devrait cependant satisfaire aux critères définis par la «directive conglomérat». En particulier, les exigences en capital d’un groupe considéré dans son ensemble ne doivent pas être inférieures à celles de la partie bancaire et de la partie assurance prises séparément.
Le Comité de Bâle, lui, a préconisé que les participations des banques dans leurs filiales d’assurance soient directement déduites de leurs capitaux propres durs. Aujourd’hui, la valeur de mise en équivalence n’est souvent déduite qu’en partie du capital tier one et du tier two, cette dernière catégorie ne rentrant pas dans le calcul des fonds propres durs. La solution Bâle 3 est donc beaucoup plus coûteuse.
Le sujet mobilise les banques françaises, qui ont beaucoup développé le modèle de bancassurance. Pour Crédit Agricole SA, il s’agit même d’un enjeu à plusieurs milliards d’euros, vu la taille de ses filiales Predica et Pacifica.
La banque verte réfléchit d’ailleurs à un mécanisme de transfert interne du risque assurance, sur le même principe que le «Switch» mis en place fin 2011 pour ses participations dans les caisses régionales. Les certificats coopératifs d’investissement et d’associés que CASA détient dans les caisses ont été reclassés en encours pondérés, soit 52 milliards d’euros à fin septembre. Grâce à un système de garantie sur ces titres, apporté par les caisses régionales, Crédit Agricole SA leur a transféré le risque correspondant et économisé 5 milliards d’euros d’exigences en fonds propres. Le schéma devrait servir à nouveau pour le pôle assurance.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran