La direction de Deutsche Bank se défend face à ses actionnaires
Les quelque 6.000 petits actionnaires de Deutsche Bank réunis hier à la Festhalle de Francfort attendaient avec impatience les explications de Paul Achleitner, président du conseil de surveillance, dont la gestion des affaires judiciaires qui secouent l'établissement a fait l’objet de vives protestations. Des dissensions au plus haut niveau ont abouti à la démission de Georg Thoma, président du comité d’intégrité au sein du conseil de surveillance.
«Les critiques anonymes à l’encontre de la banque et d’individus, que nous pouvons lire et entendre ici et là, parviennent à attirer l’attention des médias mais n’apportent rien à l'établissement», a déploré le responsable.
«Vous me reprochez en tant que président du conseil de surveillance d’avoir soutenu trop longtemps des membres du directoire», a-t-il lancé aux actionnaires. Paul Achleitner avait défendu l’ex-président du directoire Anshu Jain avant que celui-ci ne soit finalement poussé vers la sortie l’an dernier. «Je reste fidèle à mon devoir et à mes responsabilités», a-t-il assuré hier en affirmant qu’il se serait représenté si son mandat était venu à son terme cette année. L'état-major de Deutsche Bank a pourtant essuyé un véritable camouflet hier avec le rejet par les actionnaires (à 51,9%) d’un nouveau plan de rémunération. Ce vote était non contraignant.
Désormais seul aux commandes, après le départ de Jürgen Fitschen (co-président du directoire depuis 2012) qui reste toutefois dans le groupe, John Cryan a défendu la mission de Paul Achleitner. «Une interaction de confiance entre le conseil de surveillance et le directoire est décisive pour le succès de notre banque», a-t-il souligné. L’ancien banquier d’UBS en a profité pour rassurer les actionnaires sur la diminution graduelle des coûts juridiques qui représentent 5,4 milliards d’euros de provisions à ce stade et ont contribué à une perte de 6,8 milliards d’euros l’an dernier.
Dans son discours, John Cryan a également tenu à mettre l’accent sur les efforts de la direction pour susciter un nouvel élan. «Je me sens incompris lorsqu’on me présente uniquement comme étant l’artisan d’un ‘travail de nettoyage’ ou de rénovations», a-t-il regretté. «Nous tous ici sur cette scène, avec l’appui du conseil de surveillance, voulons remettre Deutsche Bank sur le chemin de la croissance». Un rétablissement qui devrait s’opérer sans nouvelle augmentation de capital.
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