La crise de la dette pourrait influer sur les tarifs de réassurance
La crise de la dette souveraine en zone euro est devenue un enjeu pour le marché mondial de la réassurance. En témoigne le climat entourant la traditionnelle saison des renouvellements de contrats au 1er janvier. Cette crise, si elle devait se prolonger ou s’aggraver, pourrait bien devenir un catalyseur majeur de l’évolution des prix pratiqués par les réassureurs.
De quoi ériger la monnaie unique en principale source de turbulences potentielles pour le secteur, au même titre que les catastrophes naturelles par essence imprévisibles et ayant occupé le devant de scène l’an dernier. La crise de la dette constitue en effet une redoutable menace pour les performances des investissements des réassureurs, qui pourraient être contraints de relever leur grille tarifaire dans le cadre d’efforts pour respecter particulièrement les exigences prudentielles en termes de capitaux. Comme cela avait été le cas au 1er janvier 2009. «Le (besoin en) capital finit toujours par imposer la tendance de la tarification», assure James Vickers chez Willis Re.
Mais ce dernier souligne ainsi qu'étant donné des niveaux de capitaux confortables, comparables à fin septembre dernier à ceux de fin 2010, nombre d’acteurs sont suffisamment solides pour se livrer à une vive concurrence sur les prix. David Flandro du conseil Guy Carpenter estime le coussin de sécurité à 20 milliards de dollars début 2011 pour un capital dédié à la réassurance de 170 milliards.
Dès lors, la saison des renouvellements de contrats au 1er janvier (concernant deux tiers environ des contrats annuels de réassurance) s’est, selon le responsable de l’Europe chez le réassureur XL Group, David Watson, révélée «décevante» pour des acteurs en quête de relèvement de tarifs. Les contrats liés aux catastrophes naturelles font exception, en premier lieu dans les pays frappés en 2011 comme la Thaïlande ou le Japon, avec des hausses de primes de 12% selon JPMorgan Cazenove ou de 5 à 10% selon Banco Espirito Santo. Willis évoque des bonds de 80 à 150% en Nouvelle-Zélande..
A l’exception de ce segment emblématique, le marché a reflété une grande sagesse. Pour David Watson, le transport aérien a même connu un repli de 7% des primes. Compte tenu d’une hausse de 2% hors catastrophes naturelles, JPMorgan Cazenove table sur une hausse moyenne du marché d'«au moins» 3% ce mois-ci.
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