La cour d’appel désavoue la Concurrence dans le dossier des commissions sur les chèques
C’est l’heure de la revanche pour les banques françaises. La cour d’appel de Paris a cassé hier une décision de l’Autorité de la concurrence, remontant à septembre 2010, et qui sanctionnait les principaux établissements hexagonaux pour une entente dans le domaine des chèques. L’Autorité avait infligé une amende record de 381,1 millions d’euros pour cette commission interbancaire (baptisée commission d'échange image chèque - CEIC) de 4,3 centimes d’euros sur 80% des chèques échangés en France, un montant auquel s'était rajouté une amende supplémentaire de 3,8 millions d’euros concernant deux autres commissions interbancaires pour services connexes. Dans sa décision, elle fustigeait un dispositif anticoncurrentiel, ne correspondant à aucun service rendu.
Dans son arrêt, dont Le Figaro s’est fait l'écho hier soir sur son site internet, la cour d’appel de Paris ne partage pas cette analyse. Elle estime au contraire que les commissions étaient «directement liées au nouveau système dématérialisé d'échange des chèques, projet d’intérêt général neutre au regard du droit de la concurrence…». C’est cet argument que les banques avaient défendu, avançant que la CEIC permettait de compenser pour les établissements tirés la perte de trésorerie engendrée par l’accélération du règlement interbancaire des chèques liée à la dématérialisation. La cour a par ailleurs jugé que cet accord ne constitue pas «une entente sur les prix finaux». Alors que les amendes versées au Trésor devront être restituées aux banques, précise le quotidien, l’Autorité de la concurrence peut se pourvoir en cassation.
Même si elle vient de perdre une bataille, l’Autorité n’entend pas baisser la garde. Elle s’intéresse aux commissions de certains systèmes de paiement par carte (Mastercard, Visa) et d’autres moyens de paiement (prélèvements, virements, TIP), après avoir obtenu l’an dernier du Groupement des cartes bancaires (GIE CB) une baisse qu’elle juge «substantielle» de la plupart des commissions interbancaires liées aux transactions par carte. Dans cette perspective, elle a également mis en place un comité de pilotage réunissant les principaux acteurs afin de définir «une méthode qui pourra être utilisée comme référence pour l’appréciation du niveau des commissions interbancaires à compter de 2015».
Plus d'articles du même thème
-
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages. -
Roquette émet une obligation hybride de 600 millions d'euros
Les produits nets de l'émission des obligations seront utilisés pour des besoins courants d’entreprise. -
EXCLUSIFWemo Reim change la structure de frais de sa SCPI Wemo One
Quelques semaines après avoir revalorisé son prix de part, la société a fait voter deux résolutions majeures à une large majorité lors de l'assemblée générale vendredi 17 avril.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- A la Société Générale, le nombre de banquiers millionnaires a baissé en 2025
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Lunettes connectées : le pari à haut risque d'EssilorLuxottica
- Macif veut continuer à faire sauter les cloisons de l’assurance
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat