La convergence des modèles entre banques et néobanques prendra du temps

Les banques traditionnelles et les néobanques semblent converger en de nombreux points. Cependant, lors de l’événement Bank Acceleration organisé par L’Agefi le 6 octobre à Paris, il est apparu que cette convergence est loin d'être totale.
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Béatrice Cossa-Dumurgier (Revolut), avec à droite Jérémie Rosselli (N26) et Serge Magdeleine (LCL), interrogés par Alexandre Garabedian (L'Agefi), lors de l'événement Bank Acceleration de L'Agefi, le 6 octobre 2026.  -  L'Agefi
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  • Lors de l’événement Bank Acceleration organisé par L’Agefi, les banques traditionnelles et les néobanques ont affiché des limites à leur convergence.
  • Pour se développer, Revolut déploie des licences bancaires de confiance pour ses 80 millions de clients dans le monde.
  • Néanmoins, Jérémie Rosselli de N26 rappelle que, pour les néobanques, la constitution d’un bilan bancaire large et solide prendra de nombreuses années.

La jonction des modèles entre les banques traditionnelles et les néobanques peut donner l’impression de s’accélérer. Depuis plusieurs mois, par exemple, les initiatives des réseaux bancaires pour développer leurs plateformes et leurs services en ligne se sont multipliées.

Lors de l’événement Bank Acceleration organisé par L’Agefi le 6 octobre à Paris, Serge Magdeleine, le directeur général de LCL, a ainsi expliqué qu’il mettait actuellement en place un service « un peu inspiré de ce qu’on voit chez Revolut ou chez N26 ». Le principe est ici de développer un modèle en ligne qui, certes, présente un coût fixe élevé, mais est « à coût variable nul », car sans conseil et utilisant l’IA.

Dans le même temps, les néobanques veulent s’approcher du niveau de confiance que confèrent des modèles plus traditionnels. Le cas de Revolut en est une illustration. La fintech postule pour des licences bancaires dans tous les pays où elle se développe. Même si les exigences de conformité d’une licence sont lourdes, comparées à celles qui incombent à de simples organismes de paiement, « la façon dont la confiance se traduit dans le monde bancaire, ce sont les licences », a assuré Béatrice Cossa-Dumurgier, directrice générale de Revolut pour l’Europe de l’Ouest.

La structure profite cependant de sa plateforme technologique unique pour ses 80 millions de clients dans le monde. A chaque fois que Revolut déploie une licence bancaire dans un nouveau pays, « cela bénéficie à l’ensemble et permet d’améliorer la robustesse globale », explique Béatrice Cossa-Dumurgier.

Progressivité

Si la convergence des modèles existe parfois, elle n’est cependant pas évidente à moyen terme. Les banques traditionnelles sont souvent universelles et certaines activités, comme les financements structurés, les offres aux trésoriers de grands groupes, ou la gestion de fortune sont « des métiers que les modèles comme les nôtres n’iront probablement pas servir dans l’immédiat », reconnaît la directrice de Revolut.

De la même manière, Jérémie Rosselli, le directeur général France et Benelux de N26, estime que les néobanques et les banques historiques restent très différentes, notamment par la taille du bilan. « Construire le bilan d’une banque, cela prend du temps», constate-t-il. Les néobanques devront attendre de nombreuses années avant d’arriver à présenter le même type de bilan que les banques prêteuses traditionnelles. « Aucune néobanque n’est capable de le faire en 5 ans », insiste le directeur de N26.

Retour sur investissement rapide

Actuellement, les néobanques et leurs actionnaires raisonnent davantage en termes de retour sur investissement. Elles veulent déterminer, à partir de leurs ressources, quelles nouvelles gammes de produits elles peuvent lancer, ou comment développer leur volume de clientèle. « Ce sujet-là, c’est ce qui nous occupe tous les jours. C’est pour cela que finalement, il y aura une augmentation des bilans des néobanques, mais qui ne sera peut-être pas aussi rapide que ce qu’on attend », estime Jérémie Rosselli.

«Il y aura une augmentation des bilans des néobanques, mais qui ne sera peut-être pas aussi rapide que ce qu’on attend »
Jérémie Rosselli, directeur général de N26, France et Bénélux

Du côté des banques traditionnelles, Serge Magdeleine est conscient que chez LCL le développement des systèmes et des produits peut être beaucoup plus long que chez les néobanques. Mais il insiste sur la coexistence de plusieurs modèles. Le développement de services digitaux n’exclut pas l’existence d’un modèle économique très traditionnel, « avec un chiffre d’affaires qui est lié à des commissions sur les assurances, les produits de cartes, ou l’intermédiation, c’est-à-dire la différence entre le taux auquel la banque prête par rapport à son coût d’emprunt », précise Serge Magdeleine. Les coûts fixes sont élevés et le coût marginal aussi. Mais cette organisation, qui comprend conseillers et réseaux d’agences, convient encore à de nombreux types de clients dont les besoins peuvent être complexes.

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