La consolidation de l’assurance santé aux Etats-Unis se fait dans l’urgence
Le secteur de l’assurance santé est en pleine effervescence aux Etats-Unis. Le numéro cinq Cigna a repoussé dimanche une offre améliorée du numéro deux Anthem. Ce dernier offrait 184 dollars en numéraire et en titres, soit 47,5 milliards de dollars au total. Pour Cigna, cette offre est «inédaquate et n’est pas dans le meilleur intérêt des actionnaires».
Cela fait plus de dix mois qu’Anthem s’est lancé à la poursuite de Cigna. Une fusion donnerait naissance à un poids lourd générant près de 110 milliards de dollars de chiffre d’affaires et disposant d’un positionnement renforcé sur le segment en forte croissance du Medicare Advantage. Anthem mettrait également la main sur la plate-forme de Cigna dédiée aux entreprises et sur des offres spécialisées comme les soins dentaires.
Face à ce qu’il perçoit comme un refus de «négocier raisonnablement», l’assureur d’Indianapolis a décidé de porter l’affaire sur la place publique. Malgré l’opposition de Cigna, qui évoque des inquiétudes liées au récent piratage des données d’Anthem, à la régulation et à l'équipe de direction, l’acquéreur potentiel n’entend pas baisser les bras. Le groupe chiffre les synergies à 2 milliards de dollars pour les deux premières années. Le PDG d’Anthem, Joseph Swedish, a également estimé lundi que l’opération avec Cigna permettrait au groupe d’investir dans les services et la technologie pour le bénéfice des consommateurs.
Cette tension est à la mesure des bouleversements qui agitent le marché. Anthem et Cigna ne sont pas les seuls acteurs à étudier un rapprochement. Le numéro un United envisage une offre sur Cigna et a contacté le numéro trois Aetna. Ce dernier a lui-même fait une offre sur le numéro quatre Humana, lequel songe à une alliance avec Cigna. Une frénésie qui s’explique par la fait que les régulateurs pourraient n’autoriser qu’une ou deux fusions. Les acteurs du marché sont donc engagés dans une course de vitesse pour signer un deal.
Un autre facteur vient perturber l'équilibre du marché : la remise en cause possible de l’Affordable Care Act. La Cour Suprême doit statuer prochainement sur cette législation qui permet à 6,4 millions d’Américains de percevoir en moyenne 272 dollars par mois pour se doter d’une couverture santé. La suppression de ce dispositif, organisé autour de la plate-forme fédérale HealthCare.gov, se traduirait par une perte massive de pouvoir d’achat pour les assurés subventionnés.
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