La consolidation bancaire connaît une poussée de fièvre aux Etats-Unis
Quelques jours après Capital One, qui a jeté son dévolu sur les activités américaines de banque en ligne du géant néerlandais ING – une transaction à 9 milliards de dollars sous la pression du régulateur – c’est au tour de PNC Financial Services Group de passer à l’action.
Basé à Pittsburgh, le groupe a mis près de 3,6 milliards de dollars sur la table pour acquérir la filiale américaine de banque de détail de Royal Bank of Canada (RBC). Avec 25 milliards de dollars d’actifs et 424 agences dans six états (Alabama, Floride, Géorgie, Caroline du Nord, Caroline du Sud et Virginie), l’apport de RBC Bank USA va permettre à PNC de tutoyer la barre des 3.000 agences. Façonnée par une vague d’acquisitions (Centura Banks en 2001, puis Eagle Bancshares et Admiralty Bancorp entre autres), la division n’a jamais réussi à décoller. Elle a vu sa note de crédit dégradée en mai par S&P, de «A- » à «BBB », l’agence estimant que cet actif ne revêtait plus d’importance stratégique.
Selon BMO, le prix payé par PNC semble plutôt agressif étant donné que l’acquéreur n’obtient qu’une modeste décote de 112 millions de dollars sur la valeur comptable d’une société déficitaire depuis onze trimestres. Mais RBC a pu se montrer plus exigeant grâce à la présence d’un autre prétendant; l’américain BB&T.
Ce mouvement de consolidation, qui a notamment été illustré en décembre dernier par le rachat de Marshall & Isley par Bank of Montreal pour 4,1 milliards de dollars, devrait avant tout être animé par les banques régionales. «Au-delà des contraintes réglementaires découlant de Dodd-Frank, Bank of America, JPMorgan et Wells Fargo atteignent ou sont proches de leur limite de part de marché de 10% sur les dépôts (…). De ce fait, nous n’attendons pas que les grands établissements soient des acteurs majeurs en matière de consolidation bancaire domestique», soulignait dernièrement CreditSights.
Le bureau de recherche évoquait également le souhait des régulateurs bancaires de voir des banques en difficulté fusionner avec des établissements régionaux mieux capitalisés ou des banques étrangères. Regions Financial, Zions Bancorporation, Huntington Bancshares et KeyCorp apparaissent ainsi comme des cibles potentielles. Et hormis PNC et TD Bank, qui sont déjà passées à l’offensive, ou BB&T, qui a tenté de le faire, US Bancorp, Comerica ou BMO Financial, émergent comme de probables prédateurs.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre