La confiance des assureurs dans leurs placements s’érode
En finance, comme dans bien des domaines, mieux vaut se fixer des objectifs atteignables. Il n’est pas certain que c’est ce que font les assureurs aujourd’hui. Dans son étude 2019 sur les investisseurs institutionnels, Schroders constate que seulement 51% des 156 assureurs interrogés dans le monde (totalisant 9.800 milliards de dollars d’actifs sous gestion) s’estiment être en mesure d’atteindre les objectifs de rendement qu’ils se sont fixés pour les prochaines années. En 2018, ils étaient 54% à apparaître confiants et 61% en 2017. Si la proportion des sceptiques peut sembler importante cette année, c’est peut-être parce que les objectifs en question n’ont guère évolué. Malgré l’environnement de taux bas, les assureurs sont 57% à attendre un rendement de leur portefeuille compris entre 5 et 9%, 5% à espérer plus de 10% et seulement 33% à anticiper un rendement plus modeste, compris entre 1 et 4%. Enfin, ils sont 4% à attendre un rendement négatif et 1% n’ont pas donné de prévision. Ces données restent quasiment identiques à celles constatées en 2018, alors même que les incertitudes ont tendance à croître.
Regain d’inquiétude sur la croissance
Plus de la moitié des assureurs (52 %) considèrent en effet que la politique peut avoir un effet notable sur la performance de leurs portefeuilles. Ils n’étaient que 44% à penser cela en 2018. Par ailleurs, un regain d’inquiétude sur la croissance mondiale est observé cette année, 53% des sociétés d’assurance estimant qu’un ralentissement économique pourrait obérer leur performance financière, une proportion supérieure aux 47% observés en 2018. Toujours selon cette étude, pour atteindre les rendements espérés dans un monde plus incertain, les assureurs comptent utiliser les classes d’actifs leur apportant de la diversification, comme la dette privée ou le capital investissement. Ainsi, 38% des assureurs comptent augmenter la part de la dette privée dans leurs portefeuille (79% des investisseurs en détiennent moins de 5% aujourd’hui) et 36% veulent augmenter le poids du capital investissement (93% des assureurs en détiennent moins de 5%). Et ce malgré la valorisation élevée de ces actifs (citée par 69% des répondants) ou leur manque de transparence (pour 54%). Sans compter que la performance n’est pas gratuite : 56% des assureurs sont préoccupés par le fait que ces actifs restent peu liquides et 48% admettent qu’ils ont des frais élevés.
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