La Commission européenne s’attaque aux paiements transfrontaliers
Pour la Commission européenne, c’est une injustice. Dans la zone euro, un transfert d’argent transfrontalier ne peut pas coûter un euro de plus qu’un virement domestique. En cause, l’espace unique de paiement en euro (ou Sepa) qui oblige chaque prestataire de paiement à aligner les frais des deux types d’opération. Mais dès que l’on sort de la zone euro (et donc du Sepa), tout change : un transfert en euros entre deux pays hors de la zone euro – ou même entre un de la zone euro et un hors zone euro – peut coûter plus cher qu’un virement domestique. La Commission européenne va donc proposer aujourd’hui d’étendre ce plafonnement des frais transfrontaliers à l’ensemble de l’UE, selon un projet de texte obtenu par L’Agefi.
Le geste est à vrai dire moins ambitieux qu’il ne paraît : la proposition ne couvre que les virements en euro, et non ceux effectués directement dans une autre monnaie – comme la livre britannique ou le lev bulgare –, malgré l’ambition initiale de la Commission d’étendre le Sepa à toutes les monnaies utilisées dans l’UE. Mais le projet a achoppé sur des questions de coûts pour les services de paiement, à qui cela aurait coûté environ 1,5 milliard d’euros par an – contre 900 millions d’euros pour l’option finalement choisie par les services de la Commission.
Le projet de texte obtenu par L’Agefi contient un second article, relatif aux conversions monétaires dynamiques (dynamic currency conversion, ou DCC). Il s’agit d’un système proposant aux consommateurs faisant un achat à l’étranger de payer directement dans la monnaie de leur pays d’origine. La conversion est alors assurée à un taux fixé par la banque, et souvent plus élevé que celui en cours sur les marchés.
Sur ce point, la Commission fixe un but ambitieux : permettre au consommateur de pleinement comparer le coût des deux moyens de paiement en accédant à une information exhaustive au moment où il s’apprête à payer. Les modalités exactes, néanmoins, restent vagues : le texte donne mandat à l’Autorité bancaire européenne pour écrire les standards techniques qui définiront comment cela se fera. Entre-temps, la différence entre le montant de la transaction en devise étrangère et celui de celle en DCC sera soumise à un plafond. Lequel devra également être défini par l’EBA.
Plus d'articles du même thème
-
Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
Le directeur général du Crédit Agricole prendra la présidence de la Fédération bancaire française à partir du 1er septembre. -
Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
Le bénéfice net de la banque, porté par le trading actions, a également été bénéficié d'une plus-value de cession qui entraînera le paiement d'un acompte sur dividende de 3,23 euros en septembre. -
A Taïwan, les gérants de fonds négocient le retour des portables pendant les heures de trading
Depuis 2024, les gérants de fonds travaillant à Taïwan sont interdits d’utiliser leurs téléphones portables durant les heures de trading de la Bourse locale – entre 9h et 13h30 – afin d’empêcher, entre autres, les délits d’initiés.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
BouderieMauvaise humeur chinoise autour de la mer de Chine méridionale
Pékin s’agace des efforts du Japon et des Etats-Unis à renforcer leur coopération avec l’ASEAN sur les questions maritimes -
« Aucun laxisme » : Emmanuel Macron « corrige » l’ambassadeur français en Algérie après une polémique sur le nombre de visas octroyés
La droite et l’extrême-droite avaient dénoncé le week-end dernier la volonté de l’ambassadeur de délivrer 250 000 visas par an aux ressortissants algériens. -
Série d'étéMoi, Gérald Bronner, président : « Je sauvegarderais l’intelligence collective »
SERIE (7/28). Le sociologue spécialiste du complotisme s'est glissé pour l'Opinion dans la peau du locataire de l'Elysée. Il propose de faire du développement de l’esprit critique une grande cause nationale