La CLCV dénonce l’opacité des contrats d’assurance vie
Contrairement au domaine bancaire où les brochures tarifaires sont publiques, en assurance vie, les informations accessibles au public sont peu nombreuses. L’association d’épargnants CLCV a donc mené une vaste étude, publiée hier, sur 1.038 contrats d’assurance vie commercialisés entre 2000 et 2017. 56% des professionnels interrogés n’ont pas répondu et elle a donc pu analyser 232 contrats vendus depuis 2008.
Premier constat : «ne prenez pas votre assurance vie chez votre banquier», a conseillé hier en conférence de presse Jean-Yves Mano, président de CLCV. Sur 8 ans, les assurances vie commercialisées par une banque ont servi un rendement de 22,62% contre 27,96% en moyenne pour celles proposées par les assurances ou les mutuelles. De manière générale, le taux de redistribution (taux servi au client divisé par le taux de rendement de l’actif) varie énormément en fonction des établissements, de 56% à 107%.
Outre les différences entre établissements, les rendements varient aussi en fonction des contrats, au sein d’un même groupe. D’une part, certains pénalisent des assurés plutôt que d’autres, comme la Caisse d’épargne sur les contrats gérés par CNP Assurances, où le taux de distribution varie de 56% à 89%.
D’autre part, les épargnants disposant d’anciens contrats sont souvent pénalisés à leur insu pour attirer de nouveaux clients. 60% des contrats étudiés par CLCV sont toujours ouverts à la commercialisation, et 40% ne le sont plus mais sont toujours détenus par des consommateurs. Or, les contrats fermés ont tendance à être moins bien servis que les contrats ouverts (sur 8 ans, 25,62% contre 27,13%). Aucun des 21 plus gros établissements n’affiche une «durée de vie médiatique» moyenne de ses produits supérieure à 8 ans. Entre 2000 et aujourd’hui, Generali aurait commercialisé 56 contrats, BNP Paribas Cardif 40, Axa France 39 et Allianz France 37.
«Les grands réseaux ferment leurs produits un ou deux ans après leur lancement pour en refaire un autre, qu’ils poussent auprès de leur réseau de distribution, à l’aide de la provision pour participation aux bénéfices (PPB) prise à un ancien souscripteur», a déploré Jean-Yves Mano. Une politique commerciale agressive devrait donc inciter à la méfiance.
«Le Code des assurances permet peu ou prou de faire ce qu’on veut», déplore Jean-Yves Mano. «Vous ne maitrisez rien : ni le rendement, ni les arbitrages internes au portefeuille, ni l’évolution des marchés financiers. […] Le taux de non-réponse montre bien que ce milieu n’est pas transparent.»
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