La Chine donne ses premiers signes d’assouplissement monétaire
Si l’effet de surprise est un paramètre essentiel pour amener les marchés à reconsidérer leurs certitudes, la banque centrale chinoise aura mis tous les atouts de son côté avant d’indiquer hier qu’elle baisserait le ratio de réserves obligatoires (RRO) des principales banques commerciales du pays de 50 points de base à compter du 5 décembre, le ramenant de 21,5% à 21%. Une première baisse depuis 2008 qui permet aux banques d’injecter potentiellement 40 milliards d’euros dans l’économie selon UBS avec une baisse du taux de swap à un an de 14pb à 2,86% et du rendement des obligations d’Etat à 3 ans de 12pb à 2,91% sur les marchés à Shanghai. Quelques heures auparavant, un de ses conseillers réaffirmait pourtant que la nouvelle politique d’ajustements prônée par Pékin n’impliquait pas un relâchement des conditions de crédit.
Cette décision surprise met fin à un cycle de six hausses consécutives du RRO cette année et permet à Pékin de se joindre symboliquement à l’action concertée des banques centrales lancée quelques heures plus tard.
Elle précède également un mauvais indicateur des achats divulgué ce matin. L’activité manufacturière de novembre ressort en contraction pour la première fois depuis mars 2009, avec un PMI à 49%, en baisse de 1,4 point par rapport à octobre. Après deux mois consécutifs de modération des pressions inflationnistes, les autorités monétaires ont gagné en marge de manœuvre. Pour autant, le gouvernement est attaché au maintien de sa politique de prudence.
Selon Bei Xu, économiste pour la Chine chez Natixis, la baisse de 50pb du RRO devrait avant tout être considérée comme la conséquence d’une baisse de l’excédent commercial plutôt que la marque d’un assouplissement monétaire; la banque centrale chinoise ayant moins besoin d’avoir recours à son outil de stérilisation privilégié. L’excédent commercial qui représentait 6,6% du PIB chinois au premier trimestre 2007, ne constituerait d’ailleurs plus que 1,3% au troisième trimestre de 2011.
L’impact de la crise européenne qui touche lourdement les exportateurs chinois et de nouvelles perspectives sur les objectifs de réévaluation du RMB pourraient ainsi ouvrir la porte à d’autres baisses du RRO. Mais selon Bei Xu, compte tenu du risque inflationniste persistant, une baisse des taux n’est toujours pas attendue. Le taux à 7 jours est en effet resté inchangé après l’annonce à 3,98%.
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