La Chine cherche à faire rentrer son secteur bancaire dans le rang
La Chine cherche à mettre bon ordre dans son marché interbancaire. L’autorité de régulation bancaire chinoise (CBRC) prévoit d’établir de nouvelles limites sur les prêts interbancaires, afin d’endiguer l’ascension vertigineuse des activités hors bilan des banques du pays, selon le Financial Times qui cite un document transmis aux établissements financiers du pays.
Selon ce document, les prêts entre banques et ceux aux institutions financières non bancaires ne pourront excéder respectivement 100% et 25% des capitaux nets. Les prêts à l’ensemble des institutions financières ne devront pas dépasser 50% du total des dépôts de chaque établissement concerné. La CBRC souhaite également restreindre la durée de ce type de prêts à un an sans possibilité de les reconduire à maturité, et contraindre les banques à accroître leurs fonds propres.
Le but est de «standardiser les opérations de financement interbancaires entre les banques commerciales et les institutions financières, et de promouvoir le développement pérenne des activités de financement interbancaires», précise la CBRC. Depuis 2008, les établissements chinois ont eu très largement recours au marché interbancaire pour contourner la réglementation et ne pas enregistrer ces concours dans leur ratio de crédits sur dépôts. «Une partie de ces effets de levier s’explique par la volonté des banques de détenir des actifs à haut rendement financés par des emprunts sur le marché interbancaire», indique Standard Chartered.
Or, le phénomène a pris une ampleur inquiétante pour la pérennité du système bancaire. Citigroup estime ainsi que les actifs interbancaires des établissements chinois cotés se sont envolés de 140% sur les trois dernières années. Mais ce sont les banques de taille moyenne qui sont les plus concernées, avec des actifs interbancaires qui ont plus que triplé depuis 2008 et pèsent dorénavant 21% de leurs actifs totaux.
Une situation contre laquelle la Banque Populaire de Chine (PBOC) lutte depuis juin en durcissant les conditions monétaires, ce qui a conduit à leur renchérissement. Le taux Shibor à 7 jours a ainsi gagné 181 pb en une semaine mi-novembre pour atteindre 5,36%. Depuis, la PBOC a calmé le jeu en injectant hier 32 milliards de yuans (4 milliards d’euros) dans le système. De quoi faire revenir le taux à 7 jours à 4,66%, contre 4,51% pour le taux 10 ans.
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