La cession d’OFI PE aura un effet marginal sur les comptes de la Macif
Une à une, les filiales de capital-investissement (private equity) quittent le giron des sociétés d’assurances. Après Allianz France, qui a cédé l’ex-AGF Private Equity à l’IDI il y a un an, la Macif, qui contrôlait 52,5% dans OFI Private Equity Capital (PEC), troque sa participation en échange d’environ 2% du capital d’Eurazeo, dans lequel le groupe mutualiste n’aura aucun pouvoir de décision. «La vente de notre participation illustre notre volonté de nous centrer sur nos métiers et objectifs principaux. Vis-à-vis du private equity, nous entendons nous comporter en investisseur institutionnel», explique à L’Agefi Roger Iseli, directeur général de la Macif.
Le dirigeant récuse toute pression liée à la future réglementation de Solvabilité 2, qui pénalisera fortement la détention de participations non-cotées. «Solvabilité 2 amène les assureurs à une réflexion sur leurs placements et l’organisation de leur gestion d’actifs. Nous sommes également confrontés à cela, mais en raison de sa taille, OFI PE ne représente pas d’enjeu fondamental de solvabilité pour la Macif», poursuit le dirigeant.
De fait, «l’opération est totalement neutre en terme de fonds propres, puisqu’elle n’implique pas de changement du mode de consolidation et que nous détiendrons une participation dans le capital d’Eurazeo», poursuit le dirigeant. La Macif partage le contrôle de la maison-mère OFI Asset Management avec la Matmut, l’une de ses deux associées au sein de la Sgam (société de groupe d’assurance mutuelle) Sferen.
Toujours est-il que l’opération devrait donner les coudées un peu plus franches à un assureur dont la marge de solvabilité est essentiellement constituée par ses réserves de capitalisation. Or, celles-ci seront fiscalisées en 2010 via un impôt exceptionnel à la source de 10%. Cette taxe aura un effet d’environ 45 millions d’euros sur les fonds propres et sur le résultat des comptes consolidés en normes françaises. En normes IFRS (que la Macif est la seule mutuelle française à utiliser), l’impôt aura un impact favorable sur le résultat de 2010, qui dépasse les 200 millions d’euros.
L’«exit tax» représente également la moitié de la baisse de la marge de solvabilité en 2010. Celle-ci a reculé d’une dizaine de points. Elle est légèrement supérieure à 170%. L’autre moitié de la baisse est liée à la croissance du groupe, précise Roger Iseli.
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