La Caisse des dépôts se porte au chevet de Groupama
Le renflouement de Groupama, soumis à rude épreuve par la crise de la dette souveraine, se précise. C’est la Caisse des dépôts (CDC) qui s’apprête à voler au secours de l’assureur mutualiste. Pour lui apporter un peu d’oxygène, l’institution de la rue de Lille, via sa filiale immobilière Icade, devrait reprendre la participation de 44% détenue par Groupama dans Silic, une foncière spécialisée dans les bureaux. Cotée en Bourse, elle fait ressortir l’investissement de Groupama autour de 600 millions d’euros au cours actuel.
Une opération pressentie depuis plusieurs jours (lire L’Agefi du 1er décembre). «Le groupe Caisse des Dépôts et Groupama confirment être en discussion pour la reprise de la participation de Groupama dans Silic autour d’une structure d'échange avec des actions Icade. Aucun accord n’a toutefois été conclu à ce stade», ont précisé les deux groupes hier soir dans un bref communiqué. Cette acquisition doit permettre à Groupama de déconsolider Silic, dotée de 3,5 milliards d’euros d’actifs, et de faire remonter sa marge de solvabilité. Celle-ci a tutoyé dernièrement le seuil fatidique des 100% imposé par l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP). Cette dernière doit étudier le schéma de ce plan renflouement le 20 décembre prochain.
Le soutien de la CDC s’opérera également par le biais de l’acquisition d’environ 300 millions d’euros d’actions de préférence de Gan Eurocourtage, selon le site internet des Echos. Ces titres ne sont pas assortis de droit de vote mais dégagent une forte rentabilité. L’injection de capitaux et la cession de Silic vont donner un peu d’air à l’assureur en cette fin d’année mais elle ne permettront pas de faire l'économie d’un vaste chantier de redressement.
En ce qui concerne la cession de Gan Eurocourtage, une hypothèse toutefois écartée par la direction de la filiale, Axa France a déjà fait part de son manque d’appétit. « Nous sommes en concurrence directe sur le marché du courtage, a indiqué vendredi Nicolas Moreau, son directeur général lors d’une rencontre avec la presse. Une fusion serait donc très destructrice de valeur ». Par ailleurs, interrogé sur un éventuel intérêt pour Gan Assurances, Nicolas Moreau s’est refusé à faire le moindre commentaire.
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