La britannique Co-op Bank débute sa convalescence

En dépit d’une réduction considérable de ses pertes semestrielles, la banque n’envisage toujours pas de retour aux bénéfices avant 2016
Stéphanie Salti, à Londres

Co-op Bank est sortie des soins intensifs. La banque britannique mutualiste a publié en fin de semaine dernière une perte semestrielle imposable largement réduite à 76 millions de livres, comparé à 845 millions de livres au cours du premier semestre 2013. Pour parvenir à ce résultat, la banque a réduit ses effectifs à hauteur de 13% et est également parvenue à se délester plus vite que prévu d’actifs indésirables, avec un total de 990 millions depuis décembre. Niall Booker, directeur général de la banque, a cependant reconnu que l’établissement avait perdu 5% de ses dépôts clients au cours du semestre, y compris quelque 2% de ses détenteurs de comptes courants, soit environ 38.000 comptes au total.

Co-op Bank revient néanmoins de loin: il y a un an, l’autorité de supervision prudentielle britannique, la PRA, avait identifié un trou de 1,5 milliard de livres que la banque mutualiste n’a pu combler qu’en cédant 70% de son capital à un consortium d’investisseurs mené par des fonds alternatifs en échange d’un apport de capital de 1,2 milliard de livres. Cet exercice de recapitalisation, auquel a également participé le groupe Co-op, ainsi qu’une augmentation de capital de 400 millions de livres en mai, ont permis à la banque de renforcer son ratio de capital Core Tier One à 11,5% fin juin, comparé à 7,2% une année auparavant. La direction générale de Co-op Bank a exclu la probabilité d’une introduction boursière cette année et a réitéré son objectif de retour aux bénéfices au plus tôt pour 2016.

La banque, qui a essuyé des pertes de 1,3 milliard de livres en 2013, envisage désormais de se repositionner exclusivement sur sa clientèle de particuliers et de PME au travers d’une meilleure rationalisation des ses opérations: après la fermeture de 51 agences en 2013, Co-op Bank a encore fermé 46 agences au cours du premier semestre 2014 et 25 autres devraient disparaître d’ici à la fin de l’année. Son grand chantier de réforme de la gouvernance est également en marche. Le rapport d’audit confié à Christopher Kelly cette année avait conclu à de sérieux écueils. L’établissement avait été largement ébranlé l’an dernier par un scandale de trafic de drogue impliquant son ancien président Paul Flowers. Depuis, il a largement remanié son conseil d’administration.

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