La Bred est sanctionnée dans ses activités de marchés
Le verdict est tombé. Lundi 27 janvier, la Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé avoir infligé une amende de 500.000 euros à la Bred, du groupe BPCE, pour «violation de plusieurs de ses obligations professionnelles applicables aux transactions sur dérivés de gré à gré, issues du règlement européen Emir». Entrée en vigueur en 2012, la réglementation Emir vide à améliorer la transparence du marché des produits dérivés.
Le 20 décembre dernier, l’AMF avait requis une amende d’un million d’euros à l’encontre de la Bred, qui avait comparu sur des sujets relatifs au règlement Emir, allant du périmètre des produits et opérations concernés, en passant par l’interprétation des textes. Pour l’heure, la banque ne compte pas a priori faire appel mais elle regarde attentivement les 255 motifs à la sanction décidée par l’AMF avant de se réserver ou non ce droit. Le montant de la sanction étant deux fois moins élevé que prévu, la Bred se réjouit des échanges constructifs avec l’AMF sur une réglementation qui reste sujette à interprétation. La Banque Populaire basée à Paris considère qu’elle n’a créé aucun préjudice et n’a lésé personne.
Trois principaux manquements
C’est la «première fois» que l’AMF sanctionne un prestataire de services d’investissement pour des manquements à cette réglementation. La Commission des sanctions reproche à la Bred trois principaux manquements, qui se sont déroulés entre novembre 2015 et juin 2017. D’une part, la Bred a «omis de confirmer certaines transactions auprès de ses contreparties», le règlement Emir exigeant que les termes des contrats dérivés de gré à gré non compensés fassent l’objet d’une «confirmation rapide».
Ensuite, la Bred n’a pas «mis à jour quotidiennement les valorisations de certains dérivés déclarés.» Enfin, l’AMF reproche à la banque des «défaillances» dans ses contrôles sur les transactions sur dérivés de gré à gré, «ceux-ci établissant à l’époque des faits l’existence d’une insuffisance de la fonction de conformité en la matière». L’AMF a néanmoins écarté un possible «manquement à la bonne information des instances dirigeantes».
La Bred exerce une activité de marché de capitaux qui représente un peu plus de 10% de son produit net bancaire. Le groupe, qui occupe une place modeste au sein des marchés dérivés de gré à gré, estime ainsi que cette décision reste marginale pour la Place.
Plus d'articles du même thème
-
Les données personnelles des actionnaires ne doivent pas être rendues publiques
Saisie par la Lettonie, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) vient de préciser les limites de la transparence que peut exiger un Etat de l’Union. -
Les assureurs recherchent davantage de titrisations SRT
De nombreux assureurs montrent de plus en plus d’appétit pour les opérations de titrisation avec transfert de risque significatif (SRT), en proposant aux banques davantage de structures sans transfert préalable des fonds destinés à couvrir la garantie («unfunded»). Une pratique potentiellement plus risquée en cas de tensions systémiques. -
Le directeur financier de Malakoff Humanis quitte le groupe
Son départ à la retraite intervient alors que le groupe mutualiste fait face à une enquête préliminaire du Parquet national financier. Un recrutement est en cours.
ETF à la Une
Les ETF mondiaux continuent de faire le plein, l’or et le bitcoin accélèrent en août
- Generali France rejoint le club des assurbanques
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
- John Ternus relève le défi de s’imposer à la tête d’Apple
- Le président de la Fed penche pour une hausse de taux dès septembre
Contenu de nos partenaires
-
IA : avec son nouveau modèle Astra, OpenAI assure le spectacle
L'entreprise de Sam Altman a dévoilé hier soir son nouveau modèle d'IA. La bataille à distance contre Anthropic pour dominer l'intelligence artificielle continue de plus belle -
Royaume-Uni : à Birmingham, le duo Farage-Bardella a rejoué la carte de l’Entente cordiale
Le chef du Rassemblement national était l’invité d’honneur de Nigel Farage à la conférence de rentrée de Reform UK. Sur la scène principale, ils ont signé un protocole d’accord autorisant le renvoi en France des migrants en situation irrégulière interceptés dans la Manche -
Entre l'Espagne et le Maroc, l'apaisement tourne au piège politique pour Pedro Sanchez
Après la crise migratoire à Ceuta, le Premier ministre espagnol rejette toute responsabilité du Maroc. Mais la stratégie pourrait lui coûter très cher, alors qu'il est accusé de manquer de fermeté jusqu'au sein de son gouvernement