La BCE va tester la capacité de résistance des banques aux chocs géopolitiques
Alors que la guerre en Ukraine, les conflits entre Israël et ses voisins ou la pression que les Etats-Unis mettent sur l’Europe ont fait grimper les tensions géopolitiques sur la planète, la Banque centrale européenne a décidé de tester la résistance des banques européennes à la multiplication de ces chocs.
La BCE a longtemps averti que la géopolitique est l’un des plus grands risques pour les établissements de la zone euro. En 2026, elle évaluera leur résilience avec une approche différente de ce que l’institution a pu faire jusqu'à présent. Dans les tests de résistance habituels, des scénarios sont donnés aux banques qui doivent calculer combien de capital serait effacé dans chaque cas.
Pour la version 2026 concernant les risques géopolitiques, la BCE demandera aux banques de concevoir les scénarios qui pourraient entraîner une perte en capital définie à l’avance. «Dans l’exercice thématique de test de résistance de 2026, nous donnerons suite au test de résistance de cette année en demandant aux banques d'évaluer quels scénarios de risques géopolitiques spécifiques à l’entreprise pourraient gravement affecter leur solvabilité», a déclaré Claudia Buch, présidente du conseil de surveillance prudentielle de la BCE, au Parlement européen.
Les superviseurs disent aux banques depuis des mois de se préparer à des perturbations dues à des évènement politiques, y compris une pénurie mondiale de dollars si la Réserve fédérale venait à retirer ses lignes de swap.
Des tests thématiques une année sur deux
L’exercice de l’année prochaine fera partie de l’auto-évaluation des besoins en capital des banques, connue dans le jargon réglementaire sous le nom de processus d'évaluation interne de l’adéquation des fonds propres (ICAAP).
Une année sur deux, la Banque centrale européenne soumet les banques de la zone euro à des tests de résistance classiques et réalise des tests «thématiques» l’année suivante. Les résultats des évaluations 2025 seront connus début août.
En 2024, la BCE avait testé la cyber résilience des banques et elle s'était intéressée aux risques climatiques en 2022.
(Avec Reuters)
A lire aussi : Les banques américaines passent sans encombre l’épreuve du stress test
Plus d'articles du même thème
-
L’éthique algorithmique s’imposera bientôt au secteur financier
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) lance une consultation sur les implications opérationnelles du règlement IA pour les banques et compagnies d’assurance. La notion nouvelle d’éthique algorithmique, introduisant de nouvelles dimensions de non-discrimination des personnes physiques, remet en cause certaines pratiques du secteur. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Contenu de nos partenaires
-
TribuneIA dans la banque : le grand saut — par Niccolo Ubertalli
Alors que la banque mondiale mise sur l’IA générative pour révolutionner ses services, la France accuse un retard stratégique inquiétant face aux géants américains et asiatiques -
Repas à un euro pour tous les étudiants : mal budgétisée, la réforme « met en danger les Crous »
Depuis début mai, tous les étudiants peuvent bénéficier du repas à 1 euro au Crous. Une mesure populaire, mais aux effets contre-productifs, selon un rapport parlementaire porté par le député Charles Sitzenstuhl -
A grands fraisL'effet boule de neige peut-il emporter la dette française ?
La France peut-elle perdre la maîtrise de sa dette ? La question est de plus en plus brûlante, au point qu’un député RN a décidé de consacrer un rapport à « l’effet boule de neige ».