La BCE alourdit la note de Monte Paschi
La Banque centrale européenne (BCE) a eu la main lourde avec Monte dei Paschi di Siena. La presse italienne écrivait à la veille de Noël que le montant de la recapitalisation préventive de la banque transalpine serait proche des 5 milliards d’euros qu’elle avait tenté de lever sur les marchés sans succès, tandis que d’autres estimations allaient jusqu’à 7 milliards : la BCE estime finalement à 8,8 milliards d’euros ses besoins de capitaux, a annoncé Monte Paschi hier dans un communiqué.
La banque toscane précise qu’elle avait demandé vendredi à la BCE l’autorisation de procéder à sa recapitalisation préventive, prévue par la directive européenne sur la résolution des crises bancaires, et qui organise une mise à contribution des actionnaires et des créanciers subordonnés. C’est en réponse à cette demande que la BCE a chiffré le besoin de fonds propres de Monte Paschi, en précisant avoir calculé à partir des résultats des tests de résistance menés cette année auprès de 51 banques de l’Union européenne. Ces tests, rappelle la BCE, révélaient que le ratio de fonds propres purs «CET 1» de l’établissement italien s’effondrerait à -2,23% fin 2018 dans le scénario économique la plus défavorable.
Si la BCE confirme que Monte Paschi demeure solvable, elle précise que sa situation de liquidité s’est rapidement détériorée entre le 30 novembre et le 21 décembre, «comme en témoigne la diminution significative de la liquidité nette à 1 mois (de 12,1 milliards d’euros, soit 7,6% de l’actif total, à 7,7 milliards, soit 4,78%)», rapporte Monte Paschi dans son communiqué. «La banque a rapidement entamé des discussions avec les autorités compétentes pour comprendre la méthodologie sur laquelle reposent les calculs de la BCE et mettre en œuvre les mesures nécessaires pour une recapitalisation par mesure de précaution», ajoute-t-elle.
Cela dit, les discussions ne s’annoncent pas commodes. Dans un entretien au quotidien allemand Bild, Jens Weidmann, le président de la Bundesbank et membre du conseil de la BCE, a affirmé que le projet de renflouement de Monte Paschi devait être examiné scrupuleusement. «Les fonds publics ne peuvent être utilisés pour couvrir les pertes déjà attendues», indique-t-il. Les règles européennes «sont destinées en particulier à protéger les contribuables et à responsabiliser les investisseurs. Les sauvetages gouvernementaux ne doivent être utilisés qu’en dernier recours, c’est pourquoi la barre est élevée», poursuit-il.
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