La bascule vers MIF 2 s’effectue dans le calme
Le marché a résisté au choc MIF 2. L’entrée en vigueur le 3 janvier des nouvelles règles, qui révolutionnent l’architecture des marchés financiers en Europe et même au-delà, n’a pas causé de gros « bug » apparent. « De notre côté, nous ne constatons pas de pépin à ce stade », a indiqué hier matin Steven Maijoor, le président de l’Autorité européenne des marchés financiers, lors d’une conférence téléphonique. L’ampleur des tâches à accomplir en vue de la date fatidique suscitait les craintes de l’industrie financière.
Le passage à MIF 2 s’est effectué dans de faibles volumes. Difficile de savoir ce qui relève de la prudence des opérateurs, d’une part, et de la faiblesse de l’activité en ce début d’année, d’autre part. Sur la dette souveraine en euros, les volumes traités à 11 heures étaient de 24 % inférieurs à leur moyenne quotidienne des 30 derniers jours, selon les données citées par ThomsonReuters grâce à Trax, un service de MarketAxess couvrant environ 65 % des transactions secondaires sur le fixed income. La chute atteignait 46% pour les obligations corporate en sterling, alors que le marché corporate en euros, lui, était en légère hausse.
Des mouvements attendus
Dans les marchés actions, les volumes traités sur l’Euro Stoxx 50 étaient 20 % moins élevés à la mi-journée que lors des 10 dernières séances, mais ils ont comblé leur retard en fin de séance.
Sur le cash equity, les effets les plus intéressants de MIF 2 seront toutefois à observer d’ici quelques semaines. Des déplacements de parts de marché sont à prévoir entre les bourses réglementées (63 % des volumes en 2017, selon les analystes d’UBS), les plates-formes multilatérales de trading (27,8 %) et les plates-formes opaques (9,2 %). MIF 2 plafonne les volumes qui pourront être traités sur les dark pools, et favorise un statut d’internalisateur systématique (SI) que toutes les grandes banques d’investissement adoptent car il évite aux clients la transparence pre-trade.
Les dark pools en recul
Les deux derniers mois de 2017, les dark pools ont déjà perdu un point de part de marché, à 8,7 %, les traders anticipant la mise en place des plafonds. « Nous nous attendons à ce que les plates-formes dark perdent 350 points de base de part de marché (…) dans les trois premiers mois de 2018 », notent les analystes d’UBS. Les bourses réglementées en récupéreraient la majeure partie, mais se verraient concurrencées à plus long terme par les SI.
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