La banque russe VTB diversifie ses ressources en France
En lançant en décembre une offre de comptes à terme en ligne, VTB Bank France avait deux objectifs: gagner en visibilité dans l’Hexagone et diversifier ses sources de financement. En cinq mois, les dirigeants de l’ex-BCEN (qui opérait pour le compte de l’Union soviétique), aujourd’hui filiale du deuxième plus important groupe bancaire russe, disent avoir collecté une centaine de millions d’euros auprès d’épargnants français.
VTB France affichait un bilan de 1,4 milliard d’euros fin 2010. Son passif est constitué d’un prêt participatif de 629 millions apporté par la maison-mère moscovite, de 185 millions de capital social, de prêts intragroupes et d’emprunts sur le marché interbancaire.
Sur les marchés, VTB France se finance à travers le siège régional pour l’Europe occidentale, basé à Vienne en Autriche. «Avant la crise financière, l’établissement payait une prime de 40 points de base par rapport à une notation AAA. La prime a atteint jusqu’à 700 pb au faîte de la crise, pour redescendre à 150 pb aujourd’hui», explique Richard Vornberg, ancien responsable de l’Europe de l’Ouest et nouveau président du directoire de VTB Bank à Paris.
«La branche française manque de ressources de moyen terme. Si en Russie, le compte à terme est l’un des premiers produits d’épargne, il ne représente que 200 milliards des 3.600 milliards d’euros d’épargne des particuliers en France», poursuit Christophe Mathieu, responsable de la banque directe. L’objectif est qu’en vitesse de croisière, le montant des dépôts à terme atteigne entre 20 et 25% du bilan de VTB France.
La filiale française est spécialisée dans l’accompagnement des entreprises de la Communauté des Etats indépendants et la couverture du risque dans cette région. Percer auprès des grands comptes français est un objectif à long terme. Pour cela, VTB France déploie des services de banque d’investissement sous la marque VTB Capital, qui exerce déjà en Russie (où c’est la première banque des entreprises) et à Londres. Cette tâche incombe à Lioubov Mokhnacheva, présidente de VTB France jusqu’à l’arrivée de Richard Vornberg.
Ce plan de développement a été précédé par une réduction des effectifs. D’environ 120, ils sont descendus à près de 65. «Leur dimensionnement est désormais dans les standards du groupe», rappelle Richard Vornberg. A titre de comparaison, le siège viennois compte 70 salariés pour 3,3 milliards d’euros de bilan, .
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