La Banque Postale retrouve des marges de manœuvre sans le CIF
Philippe Wahl peut souffler. Le président de la Banque Postale, qui détaillera jeudi ses résultats semestriels, montrait peu d’empressement à racheter le Crédit Immobilier de France. Le sauvetage du CIF par l’Etat épargne pour le moment à la filiale de La Poste le casse-tête qu’aurait constitué l’adossement du prêteur spécialisé. Déjà sollicitée de toutes parts en raison de ses liquidités excédentaires, la Banque Postale aurait dû digérer un animal à l’actionnariat complexe et utilisant plusieurs systèmes informatiques, sans parler des aspects sociaux.
L’octroi de la garantie de l’Etat sur les émissions du CIF ne referme pas complètement le dossier pour la Banque Postale. Celle-ci reste attentive à son évolution, les modalités du sauvetage et de la gestion en extinction du groupe restant à fixer. «La Banque Postale pourrait être prête à reprendre simplement une partie des encours de prêts immobiliers, sans les salariés», jugeaient hier des représentants syndicaux du CIF joints par L’Agefi. La filiale de La Poste ne fait aucun commentaire.
Dans l’immédiat, la banque va pouvoir se concentrer sur deux autres dossiers. Le premier est la création d’une banque de financement des collectivités locales, sur les ruines de Dexia Crédit Local. Appelée en renfort par les pouvoirs publics, la Banque Postale espère démarrer sa joint-venture avec la Caisse des dépôts en novembre 2012 pour des prêts à moyen-long terme, une fois que la Commission européenne aura donné son feu vert au projet. L’offre de crédits à court terme a démarré fin juin pour dépanner en urgence certaines collectivités.
Le deuxième dossier est celui de la banque privée. Le partenariat avec Oddo doit être dénoué d’ici à mars 2013. Ses revenus ont baissé de 20% sur un an, à 8 millions d’euros fin juin, selon le rapport semestriel du groupe publié le 31 août. L’échec de l’accord est dû, notamment, à des divergences sur la valeur des 49% qu’Oddo détient dans la filiale commune la Banque Postale Gestion Privée. Pour rebondir, la filiale de l’opérateur postal a engagé des discussions avant l’été avec le Crédit Mutuel Arkéa. Elles pourraient aboutir dans les prochaines semaines et aller jusqu’au rachat de la Banque Privée Européenne (BPE).
La Banque Postale a dégagé au 30 juin un bénéfice net de 334 millions d’euros, en hausse de 29%, alors que les comptes 2011 avaient pâti du sinistre grec.
Plus d'articles du même thème
-
Les élections de mi-mandat freinent l’exubérance politique de Donald Trump
En raflant le Congrès, l’opposition démocrate devrait limiter fortement les pouvoirs du locataire de la Maison-Blanche, contraindre l’exécutif à composer avec un Parlement désormais hostile, et peut-être obliger certains républicains à reconverger vers le centre. -
La montée en compétences face à l’IA est insuffisante en entreprise
70% des cadres financiers français français craignent que l’absence de préparation de leurs collaborateurs à l’intelligence artificielle risque de compromettre la pertinence de leur organisation d’ici cinq ans, selon une enquête OneStream. -
Les actifs financiers saluent les résultats des «midterms»
La large victoire démocrate tend à diminuer les risques d’un conflit trop long en Iran, donc de cours du pétrole durablement élevés, avec les conséquences positives que cela pourrait avoir sur les taux, et par ricochet sur les actions. Les risques de persistance du déficit budgétaire américain sont occultés. Pas les possibles rééquilibrages sectoriels.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Malgré la débâcle de Donald Trump, le risque de guerre avec l'Iran toujours au plus haut
Les dirigeants iraniens jubilent face aux résultats des élections de mi-mandat, mais rien ne garantit que Donald Trump ne lancera pas une nouvelle offensive contre la République islamique -
TsunamiDonald Trump battu : ce qui attend l'Europe
Avec le contrôle de la Chambre et du Sénat, les démocrates auront des leviers pour canaliser la politique étrangère de Donald Trump. Mais ce contre-pouvoir ne changera ni son désir de conclure un deal en Ukraine, ni son hostilité envers le Vieux Continent -
Déroute de TrumpMidterms : le temps d’une nuit, centristes et socialistes du parti démocrate ont fait front commun
Les jeunes des Democratic Socialists of America trinquent à la victoire des démocrates à travers le pays. Y compris ceux qu’ils accusaient hier d’être « trop mous » face à Donald Trump et trop modérés. Mais la fête finie, la bataille pour le parti commence