La Banque Postale retrouve des marges de manœuvre sans le CIF

Le groupe peut se concentrer sur deux autres dossiers: la création de sa banque des collectivités et la relance de son activité de gestion privée
Alexandre Garabedian

Philippe Wahl peut souffler. Le président de la Banque Postale, qui détaillera jeudi ses résultats semestriels, montrait peu d’empressement à racheter le Crédit Immobilier de France. Le sauvetage du CIF par l’Etat épargne pour le moment à la filiale de La Poste le casse-tête qu’aurait constitué l’adossement du prêteur spécialisé. Déjà sollicitée de toutes parts en raison de ses liquidités excédentaires, la Banque Postale aurait dû digérer un animal à l’actionnariat complexe et utilisant plusieurs systèmes informatiques, sans parler des aspects sociaux.

L’octroi de la garantie de l’Etat sur les émissions du CIF ne referme pas complètement le dossier pour la Banque Postale. Celle-ci reste attentive à son évolution, les modalités du sauvetage et de la gestion en extinction du groupe restant à fixer. «La Banque Postale pourrait être prête à reprendre simplement une partie des encours de prêts immobiliers, sans les salariés», jugeaient hier des représentants syndicaux du CIF joints par L’Agefi. La filiale de La Poste ne fait aucun commentaire.

Dans l’immédiat, la banque va pouvoir se concentrer sur deux autres dossiers. Le premier est la création d’une banque de financement des collectivités locales, sur les ruines de Dexia Crédit Local. Appelée en renfort par les pouvoirs publics, la Banque Postale espère démarrer sa joint-venture avec la Caisse des dépôts en novembre 2012 pour des prêts à moyen-long terme, une fois que la Commission européenne aura donné son feu vert au projet. L’offre de crédits à court terme a démarré fin juin pour dépanner en urgence certaines collectivités.

Le deuxième dossier est celui de la banque privée. Le partenariat avec Oddo doit être dénoué d’ici à mars 2013. Ses revenus ont baissé de 20% sur un an, à 8 millions d’euros fin juin, selon le rapport semestriel du groupe publié le 31 août. L’échec de l’accord est dû, notamment, à des divergences sur la valeur des 49% qu’Oddo détient dans la filiale commune la Banque Postale Gestion Privée. Pour rebondir, la filiale de l’opérateur postal a engagé des discussions avant l’été avec le Crédit Mutuel Arkéa. Elles pourraient aboutir dans les prochaines semaines et aller jusqu’au rachat de la Banque Privée Européenne (BPE).

La Banque Postale a dégagé au 30 juin un bénéfice net de 334 millions d’euros, en hausse de 29%, alors que les comptes 2011 avaient pâti du sinistre grec.

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