La Banque Postale n’attendra pas Bruxelles
«Nous allons devenir une banque des territoires. C’est clair et net. Cette activité est devenue stratégique», martelait hier Philippe Wahl, le président du directoire de la Banque Postale, lors d’une conférence de presse de rentrée.
Alors que la Commission européenne n’a toujours pas tranché le dossier Dexia, l’établissement a confirmé qu’il serait, quoi qu’il en soit, présent sur le marché du financement aux collectivités locales. Ainsi, «sous réserve que Dexia nous apporte les outils de gestion nécessaires, qui devront être à terme totalement intégrés», l’offre de financements à moyen et long termes sera lancée début novembre, annonce Philippe Wahl. Les prêts seront étendus aux sociétés d’économie mixte, aux organismes HLM, ainsi qu’aux établissements de santé dans le courant de l’année prochaine.
«Nous devons répondre aux besoins des collectivités; nous ne pouvons donc pas attendre l’arbitrage de Bruxelles. Le jour où un accord sera trouvé entre la Commission et les autorités françaises, nous nous insérerons dans le nouveau schéma», justifie-t-il. En effet, Bruxelles conditionne l’avenir de Dexia Municipal Agency (Dexma) – le véhicule de refinancement de Dexia qui devra servir la nouvelle banque de collectivités créée en joint-venture entre la Banque Postale et la Caisse des dépôts (CDC) – à son acceptation du plan de démantèlement du groupe franco-belge, arrêté le 12 février dernier.
Pour la fin de l’année, la Banque Postale a débloqué une enveloppe d’un milliard d’euros, financée – en l’absence d’accord sur Dexma – sur son bilan.
En juin dernier, la filiale de La Poste avait obtenu un agrément pour proposer des prêts à court terme aux collectivités locales. Au 31 août, elle a confirmé un milliard d’euros de lignes de trésorerie. «Les demandes totales ont représenté 4,2 milliards d’euros, mais nous en avons écarté l’équivalent d’un milliard d’euros, car il correspondait à des demandes de crédits à 15 ans», indique Philippe Wahl. Devant cet afflux, le groupe avait annoncé début juillet le doublement de l’enveloppe de crédits disponibles à 4 milliards d’euros.
Parmi ses nombreux autres chantiers en cours, la Banque Postale a indiqué qu’elle travaillait à plusieurs acquisitions possibles (on parle de la BPE) pour étoffer son offre patrimoniale. Elle se retrouve en effet sans partenaire après avoir décidé de ne pas renouveler son accord avec Oddo, avec qui elle avait créé La Banque Postale Gestion Privée.
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