La Banque Postale multiplie les offres digitales
Après le lourd chantier de réorganisation de son réseau physique, La Banque Postale met les feux sur le numérique. «2018 va être l’année où nous allons sortir beaucoup d’offres digitales», a annoncé hier Rémy Weber, président du directoire de la Banque Postale, à l’occasion de la présentation de ses résultats annuels. Et les innovations concernent tous les métiers car en matière de développement commercial, «tout doit progresser». Après le micro-crédit en ligne en janvier, le prêt express à la consommation sera disponible «dans les semaines qui viennent» sur les canaux digitaux dans la foulée de son déploiement... dans le réseau. L’objectif ? Que les clients obtiennent une réponse en direct à leur demande de crédit, lorsqu’ils sont par exemple chez leur concessionnaire auto. Puis en juin, le portefeuille électronique Paylib, commun avec d’autres banques, inclura une solution de prêt de particulier à particulier.
Dans l’immobilier, l’«e-crédit», numérique de la souscription à la signature, sera déployé en octobre. La Banque Postale revient de loin, après l’adaptation de son réseau physique. Depuis l’an dernier, 35% des prêts à l’habitat sont octroyés avec l’aval direct des responsables des bureaux de poste et 5.500 commerciaux ont été formés à ce produit, sur les 10.000 du réseau. «Avant, nous avions 700 commerciaux spécialisés, rappelle Rémy Weber. Nous nous mettons au niveau du standard» pour des réponses plus rapides.
Projet d’assurance emprunteur avec la CNP
Du côté de l’épargne, la banque a lancé hier une assurance vie en ligne baptisée EasyVie. Distribuée par sa filiale de courtage EasyBourse, elle utilise l’expertise du robo-advisor Advize et de CNP Assurances, le partenaire historique du groupe. Rémy Weber est d’ailleurs resté muet sur l’avenir de la participation de La Banque Postale au capital de l’assureur, alors que les réflexions ont démarré entre La Poste, la Caisse des Dépôts et l’Etat sur l’éventuelle constitution d’un grand groupe financier public. Pour le moment, le partenariat commercial suit son cours : suite à l’amendement Bourquin qui permet de changer d’assurance emprunteur à tout moment, «nous préparons une offre avec CNP pour les clients qui voudront revoir leur contrat», indique Guillaume de Lussac, directeur général du pôle assurance de La Banque Postale. Cette dernière va par ailleurs lancer une application dédiée à l’assurance et elle compte accélérer sa coopération avec des start-up de l’e-santé et de l’assurance connectée.
Pour son pôle de gestion d’actifs, «les blockchains seront installées et utilisées avant la fin de l’année», assure Rémy Weber, sans donner de détails sur les usages concrets de la technologie du bitcoin. De même, il promet pour septembre un nouvel usage de l’intelligence artificielle. Du côté des pros et TPE, les innovations sont plus concrètes. Une solution d’affacturage digitalisé sera proposée en octobre et l’offre de financement participatif de KissKissBankBank sera progressivement intégrée. Dernière innovation de l’année, le paiement instantané est programmé pour novembre.
Toutes ces initiatives précéderont le déploiement de Ma French Bank, la future offre mobile de La Banque Postale. Son lancement grand public est finalement prévu au printemps 2019, soit bien après le foisonnement de 2017, de N26 France à la marque Eko du Crédit Agricole. «Ce sera une banque complète», déclare Alice Holzman, directrice générale de Ma French Bank. Et «ce n’est pas une réponse directe à Orange Bank», assure Rémy Weber. Banque de plein exercice agréée le mois dernier, Ma French Bank sera «promue dans le réseau», ajoute le dirigeant car «les clients auront le choix de la proximité humaine ou pas». Une manière de concilier missions d’intérêt général et nouveaux usages.
Plus d'articles du même thème
-
Gift City fait une tournée auprès des financiers européens
BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Société Générale et Natixis. Quatre banques françaises sont déjà implantées dans cette place financière indienne, destinée à accueillir aussi assureurs et réassureurs, fonds et fintechs grâce à un cadre réglementaire et fiscal attractif. -
L’Eurogroupe s’inquiète à nouveau pour la zone euro
L’Eurogroupe réuni vendredi à Dublin a débattu des inquiétudes actuelles autour du choc énergétique et de la hausse des taux. Ainsi que de l’urgence d’améliorer la compétitivité et la productivité, dont l’Union des marchés de capitaux. Son président a aussi appelé à relancer l’Union bancaire. -
La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
La banque présentera ses ambitions à horizon 2029 le 21 septembre, trois ans après la présentation d’un plan qui, malgré un mauvais accueil initial, lui a permis de réaliser un impressionnant retour en grâce boursier. La feuille de route est attendue avec impatience par des investisseurs qui risquent de se montrer exigeants.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
Contenu de nos partenaires
-
Train fantômePrésidentielle : la campagne otage des crises
Hausse des prix des carburants, risques financiers et sociaux, menace russe, réchauffement climatique... Emmanuel Macron met en garde son successeur à venir dans un climat anxiogène -
DésavoeuAllemagne : malgré de nouveaux revers électoraux, Merz persiste et signe sur les réformes
La CDU a pris le bouillon en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et pourrait perdre la mairie de Berlin -
EditorialL'autodestruction de France Inter
Il devient limpide que, inspirée par la gauche radicale, France Inter pratique un pluralisme de pacotille, triant de son propre chef entre adversaires légitimes ou à excommunier, au nom de la lutte antifasciste