La Banque Postale aura deux outils dans la gestion patrimoniale
Après l’échec de son partenariat avec Oddo, la Banque Postale change son fusil d’épaule dans la banque privée. Finis, les partenariats à 50/50: le groupe est entré hier en négociations exclusives pour racheter 100% de la Banque Privée Européenne (BPE), filiale du Crédit Mutuel Arkéa. Celle-ci a dégagé 60 millions de revenus en 2011 pour 7,3 millions de résultat net.
Le prix, non officiel, tourne autour de 130 millions d’euros, comme l’ont révélé Les Echos. Il valorise la cible à près d’une fois ses fonds propres, qui s’élèvent à 140 millions.
Pour ce prix là, la Banque Postale n’achète pas d’outil informatique. La BPE continuera à s’appuyer sur le système d’Arkéa et à recourir aux services de ProCapital dans la conservation de titres. La filiale de La Poste laisse aussi de côté les quelque 2.000 clients de gestion de fortune provenant des territoires des trois fédérations du Crédit Mutuel (Bretagne, Sud-Ouest et Massif Central). Selon un proche du dossier, «ils représentent une part significative, mais pas majoritaire», des 3,4 milliards d’euros d’encours gérés par la BPE fin septembre.
La petite banque privée, qui emploie 120 salariés, apporte 32 agences et près de 60.000 clients, en réalité 15 à 20.000 familles. Elle conservera son statut de filiale autonome, même si un changement de nom est à prévoir. Mais elle n’a pas vocation non plus à hériter des 500.000 clients patrimoniaux de la Banque Postale (ayant plus de 150.000 euros d’avoirs). Les deux enseignes continueront donc, chacune de son côté, à travailler ce marché.
Au conseil d’administration de La Poste, hier, c’est l’étendue de la gamme de la BPE qui a été mise en avant. Celle-ci aidera sa future maison mère. Apport de services pointus pour des clients qui resteront ou pas dans le portefeuille de la Banque Postale, fabrication de produits: toutes les pistes de collaboration sont à l’étude. «La Banque Postale a-t-elle besoin d’investir autant d’argent pour ça ?», s’interroge un administrateur.
L’acquéreur, qui discute avec Arkéa depuis janvier, espère démarrer au 1er avril 2013, date officielle de la fin de son accord avec Oddo. La filiale de La Poste négocie toujours avec ce dernier les modalités financières du divorce, qu’elle estime à 25 millions, alors qu’Oddo réclame bien plus. Raison pour laquelle elle reste très discrète sur son nouveau plan de marche dans la banque privée.
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