La banque néerlandaise ABN Amro se rapproche de la privatisation
On n’est jamais mieux servi que par soi-même. ABN Amro respecte le vieil adage en confiant à ses propres équipes le mandat de son introduction en Bourse. L’agence gouvernementale en charge de la privatisation de la banque néerlandaise l’a annoncé vendredi, tout en précisant que d’autres banques participeront à l’opération et qu’ABN Amro sera la moins payée de toutes.
L’IPO doit être votée mardi par le parlement néerlandais, après avoir été débattue la semaine dernière et approuvée par les partis de majorité.
Le nom des autres arrangeurs de l’opération ne sera annoncé que dans les semaines suivant la décision du parlement, mais le choix imminent des autres parties prenantes laisse augurer une possible introduction en Bourse cette année. Le ministre des Finances néerlandais avait récemment laissé entendre qu’elle pourrait être reportée à l’année prochaine. La privatisation avait déjà été repoussée en mars, après le scandale suscité par l’augmentation de salaire de 100.000 euros envisagée pour les dirigeants de la banque.
Dans un premier temps, les Pays-Bas devraient mettre en Bourse entre 20 et 30% du capital. Ce bloc pourrait rapporter 3 à 4,5 milliards d’euros, sachant qu’ABN Amro avait une valeur comptable de 14,9 milliards d’euros fin 2014. Le produit de cession devrait être utilisé pour la réduction de la dette publique, mais il n’est pas certain que les contribuables néerlandais récupèrent leur mise. En 2008, l’Etat avait injecté 22 milliards d’euros pour sauver ABN Amro, après son dépeçage par RBS, Fortis et Santander qui avaient alors mené la plus grande OPA de l’histoire bancaire (72 milliards d’euros). L’IPO qui s’annonce pourrait de son côté être l’une des plus importantes en Europe cette année.
Pour se prémunir de nouveaux prédateurs, le gouvernement néerlandais, conseillé par la banque d’affaires Rothschild et le cabinet d’avocats Allen & Overy, va créer une fondation qui pourra récupérer des droits de vote attachés aux actions ABN Amro. Les banques qui conduiront l’opération devront également se contenter de commissions inférieures à 1% du montant levé en Bourse.
Treize établissements seraient encore en lice, annonçait De Telegraaf vendredi. Parmi eux, l’agence gouvernementale compte choisir au moins un acteur non américain.
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