La Banque Martin Maurel maintient le cap dans un environnement difficile
Alors que la plupart des banques françaises se sont engagées dans une course aux dépôts en prévision des exigences de Bâle 3, Martin Maurel se réjouit d’afficher une liquidité des plus favorables: avec 957 millions d’euros d’encours de crédits au 31 décembre 2012 (+10,6% par rapport à fin 2011) pour 1,63 milliard d’euros de dépôts (+1,2%), son ratio crédits/dépôts a atteint 58,7%.
«Nous avons pour objectif de ne pas dépasser les 60%», précise Lucie Maurel-Aubert, directrice générale déléguée de l’une des dernières banques indépendantes en France. De même, sa solvabilité est nettement excédentaire: son ratio de fonds propres core tier one s’établit à 14,6% (contre 14,3% un an plus tôt) sous Bâle 2.5 et est estimé à 14,2% en normes Bâle 3.
Revers de la médaille, l’excédent de liquidité a nui aux comptes en raison de la faiblesse des taux d’intérêt. «Les taux d’intérêt pèsent sur la gestion de notre trésorerie. L’Eonia est passé d’une moyenne de 0,87% en 2011 – un niveau déjà faible – à 0,23% en 2012», indique Patrice Henri, président du directoire. Ainsi, le produit net sur dépôts et emplois a reculé de 1,5% (à 33,4 millions d’euros), obérant la croissance de 4,4% du produit de commissions.
Au total, le produit net bancaire progresse de 2,1% à 90,1 millions d’euros, pour un résultat net part du groupe de 15,5 millions (+2,3%). Si le coût du risque passe de 1,76 à 3,91 millions, c’est en raison d’une reprise de provisions sur des obligations en 2011, qui provoque un effet de base défavorable.
En gestion, Martin Maurel a tiré son épingle du jeu dans un marché globalement déprimé en 2012. Il a souffert d’une décollecte de 2% sur les OPCVM en raison des sorties des fonds monétaires. Mais grâce à un effet marché positif, les encours ont progressé de 100 millions d’euros, à 2,5 milliards d’euros. Une partie des sommes retirées a toutefois été réinvestie dans les contrats d’assurance-vie de la banque, dont la production a battu le record de 2011: 260 millions d’euros bruts pour 160 millions nets. Martin Maurel reste à l’affût d’acquisitions de sociétés gérant au moins 300 millions d’euros et de savoir-faire, notamment dans la gestion en performance absolue.
La collecte en gestion, en assurance-vie et de dépôts bancaires devrait se poursuivre à un rythme proche cette année. Mais l’infléchissement observé au quatrième trimestre 2012 dans le crédit aux entreprises s’est poursuivi au premier trimestre 2013.
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