La Banque du Mezzogiorno prend son envol en Italie
Voulue par Giulio Tremonti, le précédent ministre italien de l’Economie, la Banque du Mezzogiorno est opérationnelle depuis janvier. Non sous forme d’agences, mais de simples guichets localisés au sein des bureaux de poste. Pour l’instant une douzaine sont testés, entre autres à Naples, Cagliari et Bari. Une cinquantaine de guichets seront ouverts d’ici à une ou deux semaines, pour arriver bientôt à 250. A terme, la banque comptera 4.500 guichets dans les huit régions du Mezzogiorno.
Inséré dans la loi de finances 2010, ce projet, qui vise à favoriser le développement économique du Sud du pays, devait s’appuyer à l’origine aussi sur un réseau de banques coopératives. Mais ces dernières se sont retirées en cours de route. C’est donc la Poste italienne, qui se retrouve seule aux manettes. Poste Italiane a acquis l’an dernier auprès d’UniCredit la société MedioCredito Centrale pour 136 millions d’euros. Cet institut, spécialisé dans le financement et les services au secteur public, ainsi que dans la gestion de l’aide aux entreprises, va gérer toute la partie financière (évaluation du risque, octroi du crédit, etc.), tandis que les guichets de la Banque du Mezzogiorno se focaliseront sur l’accueil et la gestion du client sur place.
«Cette organisation entre nos guichets et la plate-forme du MedioCredito Centrale, nous permet une plus grande flexibilité à moindres frais, nos coûts fixes étant distribués sur toutes les activités de la Poste. Nous sommes en train de mettre en place un mécanisme de fonctionnement qui n’existe pas dans le système bancaire aujourd’hui», souligne le patron de la Poste Italiane Massimo Sarmi. Du moins pas en Italie, puisque Banque Postale fonctionne sur ce principe en France.
Dotée d’un capital de 140 millions d’euros, la Banca del Mezzogiorno, qui emploie 200 personnes, vise 5 milliards d’euros de prêts aux PME d’ici à 4 ans. Dans une première phase, elle accordera des prêts standards de 10.000 à 50.000 euros sur 18 mois à 5 ans avec des taux fixes ou variables. «Nous adressant à des entreprises de très petites dimensions nécessitant des crédits peu élevés, nous ne serons pas excessivement exposés au risque», conclut Massimo Sarmi. Banca del Mezzogiorno vient compléter les autres services financiers offerts par la Poste italienne, via Bancoposte et Poste Vita, contribuant à faire du groupe une vraie banque.
Plus d'articles du même thème
-
Renault place son ingénierie au cœur de la bataille face aux constructeurs automobiles chinois
Le groupe au losange réorganise son activité d'ingénierie en France. L'enjeu ? Gagner un temps précieux dans la conception de nouveaux modèles face à une concurrence asiatique toujours plus conquérante. -
La Bourse fêtera la cotation du Slip Français le 14 juillet
L’iconique marque française de sous-vêtements se valorise 14 millions d’euros, avant une augmentation de capital de 5 millions. Les deux fonds, qui accompagnent le groupe depuis dix ans, céderont leurs parts pour un maximum de 10,8 millions. -
Exosens décroche un financement de 140 millions d'euros de la BEI
Cette enveloppe soutiendra les investissements du groupe dans les technologies avancées de vision nocturne et d’imagerie numérique destinées aux marchés européens de la défense et de la surveillance.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
PlaidoiriesL'affaire Lyhanna vue par les magistrats : beaucoup de corporatisme, peu de mea culpa
Les deux plus hauts magistrats de France ont mis en garde, jeudi, contre « la mécanique du bouc-émissaire » -
Double échecDéfense : après le Scaf, l'Allemagne abandonne un projet de frégate qui a coûté 2 milliards d’euros en pure perte
Berlin renonce à se doter de bâtiments multi-missions, à cause de l'explosion des délais et de la facture -
Dans le désertA l'Assemblée nationale, le gouvernement perd la maîtrise de ses textes
Le projet de loi Ripost devait illustrer la capacité du gouvernement à faire passer des textes, qui plus est régaliens. L'examen en commission a montré l'inverse, entre dépendance au RN, démobilisation du camp présidentiel et surmobilisation d'une gauche unie