La Banque d’Italie relance la vente de Banca Marche et ses consœurs
Retour à la case départ pour la Banque d’Italie dans le processus de vente des quatre banques mises en résolution en novembre. L’institution, qui supervise la cession des actifs sains de Banca Marche, Banca dell’Etruria, CariChieti et CariFerrara, aurait en effet relancé l’appel d’offres à la suite du rejet de trois propositions fermes. Outre un certain nombre de conditions supplémentaires, ces propositions affichaient des valorisations de 500 à 600 millions d’euros jugées insuffisantes. Lancé en début d’année, le processus s’était soldé au printemps par 26 marques d’intérêt non contraignantes, pour la plupart émanant de fonds de private equity. Clos fin juillet, le dépôt des offres fermes laissait espérer une cession rapide en un seul lot des quatre prêteurs. Estimée à 1,8 milliard d’euros, leur valorisation avait été revue en avril à 1,4 milliard en raison des coûts de restructuration.
Selon Il Sole 24 Ore, l’échec de ce premier round pourrait avoir définitivement écarté l’option d’une vente groupée, au profit d’une cession par blocs. Alors que la première option avait suscité l’intérêt des fonds américain Apollo et Lone Star, cette configuration correspondrait mieux à des profils d’investisseurs stratégiques, capables de dégager des synergies avec leur activité. Banca Popolare Emilia Romagna, UBI Banca et Popolare di Bari ont régulièrement été citées ces derniers mois.
La réouverture du processus dans un schéma de vente à la découpe au long cours n’est pas une bonne nouvelle. Après l’échec des IPO de Popolare di Vicenza et de Veneto Banca, les dossiers anxiogènes s’empilent au plus mauvais moment pour le secteur bancaire italien. Alors que Monte dei Paschi a annoncé la cession de prêts douteux pour 9 milliards d’euros, préalable à une augmentation de capital de 5 milliards, UniCredit devrait aussi dévoiler à l’automne un appel au marché massif. La vente des quatre banques, qui totalisent 1% des dépôts nationaux, pourrait aussi aggraver le fardeau qui pèse sur le secteur. Mis à contribution dans le fonds Atlante, les établissements avaient déjà financé en novembre les 3,6 milliards d’euros déboursés par le Fonds national de résolution. Fin 2015, le président de l’association des banques italiennes, Antonio Patuelli, avait indiqué qu’un produit de cession inférieur à 1,7 milliard d’euros nécessiterait de nouvelles contributions.
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