La Banque d’Italie passe à la loupe les portefeuilles de huit banques italiennes
La Banque d’Italie ne relâche pas ses efforts pour connaître et suivre avec précision l’état de santé du système bancaire du pays, déséquilibré par la chute du produit intérieur brut depuis 2007. L’audit lancé en fin d’année dernière a été renforcé et élargi pour 8 des 20 établissements inspectés régulièrement par les services de la banque centrale. Le nom de ces banques n’a pas été dévoilé mais il pourrait s’agir de petites ou de moyennes banques régionales, selon les analystes.
Pour ces établissements, l’audit concerne désormais l’intégralité de leur portefeuille de prêts, et non plus un échantillon statistique. Il porte même, pour certaines d’entre elles, sur toutes leurs autres activités opérationnelles. Les inspections, au sein des services de ces banques, sont encore en cours, précise l’autorité bancaire.
Ces inspections, qui ont déjà porté sur 24,2 milliards d’euros de prêts à risque, visent à déterminer si les banques italiennes sont suffisamment armées pour contrer l’envolée des créances douteuses provoquée par la récession économique. Leur montant a augmenté lors des 27 derniers mois pour atteindre à la fin mars 2013 plus de 249 milliards d’euros, soit 14,2% du total de l’encours de prêts des banques.
Dans le document présentant sa méthodologie d’inspection communiqué hier, la Banque d’Italie indique également qu’elle diffusera à l’ensemble du système bancaire des instructions précises et des méthodes de gouvernance concernant les risques de provisions. L’autorité réitère également son souhait de voir les coûts opérationnels, les dividendes et les rémunérations des dirigeants ajustés selon la profitabilité et les ressources en capital de chaque établissement. En cas de fort déséquilibre, la Banque d’Italie n’exclut pas que les banques doivent céder des actifs voire réduire leurs effectifs.
A l’issue des examens réalisés l’an dernier, la Banque d’Italie avait ordonné à plusieurs institutions de provisionner 3,4 milliards d’euros pour couvrir d'éventuelles créances irrécouvrables, en plus des 7,4 milliards d’euros qui avaient déjà été inscrits dans leurs comptes.
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