La Banque d’Espagne veut mettre fin à la guerre des dépôts à terme

L’institution a demandé aux banques d’abaisser les taux versés sur les comptes à terme, dont l’encours représente 340 milliards d’euros
Isabelle Birambaux, à Madrid

La fameuse guerre des dépôts à terme que se livraient les banques espagnoles afin de capter de la liquidité avec des taux d’intérêt alléchants serait-elle sur le point de s’achever ?

C’est ce qu’affirme la presse espagnole suite à des fuites. La Banque d’Espagne aurait ainsi exigé des banques espagnoles qu’elles freinent l’offensive pour attirer les épargnants en baissant les taux de rémunération à 1,75% pour les dépôts d’une durée d’un an, à 2,25% pour ceux à deux ans et à 2,75% au-delà de deux ans.

Lancée au printemps 2010 par le numéro un de la banque espagnole Banco Santander, cette guerre des dépôts servait aux instituts financiers à capter des liquidités auprès des particuliers faute de pouvoir se financer sur les marchés internationaux. Pour un compte à terme d’un an, certaines banques proposaient des taux astronomiques entre 3,5% et 4,75%. Le gouvernement espagnol et le régulateur avaient essayé en vain de mettre un frein en 2011 à cette folle course en imposant des pénalités.

Mais selon un porte-parole de la Banque d’Espagne, la réforme adoptée par le gouvernement il y a deux ans a été suspendue en automne dernier. Non confirmée par la Banque d’Espagne, cette nouvelle mesure fait actuellement l’objet d’une enquête de la Commission nationale de la concurrence (CNC) afin d’établir s’il y a des «indices de conduites contraires à la concurrence», indique un communiqué.

«La presse rapporte que certaines banques l’appliquent depuis lundi et nous avons demandé des informations auprès des instituts concernés et du régulateur», commente un porte-parole de la CNC. Une infraction contre les règles de la concurrence pourrait entraîner des sanctions.

Selon le quotidien Cinco Días, la fin de la course effrénée aux taux d’intérêt permettrait à certains établissements de restaurer leurs marges et d’économiser jusqu’à 1,4 milliard d’euros. Mais la fin de cette concurrence signifiera aussi une révision des stratégies commerciales des banques. Car grâce à ces taux intéressants, elles auraient capté, selon Cinco Días, 340 milliards d’euros en 2011 et 2012 sur des dépôts à terme de un et deux ans qui arrivent à échéance cette année. Sur ce total, environ 289 milliards seraient soumis à l’abaissement des rémunérations lors de leur renouvellement.

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