La Banque d’Espagne veut mettre fin à la guerre des dépôts à terme
La fameuse guerre des dépôts à terme que se livraient les banques espagnoles afin de capter de la liquidité avec des taux d’intérêt alléchants serait-elle sur le point de s’achever ?
C’est ce qu’affirme la presse espagnole suite à des fuites. La Banque d’Espagne aurait ainsi exigé des banques espagnoles qu’elles freinent l’offensive pour attirer les épargnants en baissant les taux de rémunération à 1,75% pour les dépôts d’une durée d’un an, à 2,25% pour ceux à deux ans et à 2,75% au-delà de deux ans.
Lancée au printemps 2010 par le numéro un de la banque espagnole Banco Santander, cette guerre des dépôts servait aux instituts financiers à capter des liquidités auprès des particuliers faute de pouvoir se financer sur les marchés internationaux. Pour un compte à terme d’un an, certaines banques proposaient des taux astronomiques entre 3,5% et 4,75%. Le gouvernement espagnol et le régulateur avaient essayé en vain de mettre un frein en 2011 à cette folle course en imposant des pénalités.
Mais selon un porte-parole de la Banque d’Espagne, la réforme adoptée par le gouvernement il y a deux ans a été suspendue en automne dernier. Non confirmée par la Banque d’Espagne, cette nouvelle mesure fait actuellement l’objet d’une enquête de la Commission nationale de la concurrence (CNC) afin d’établir s’il y a des «indices de conduites contraires à la concurrence», indique un communiqué.
«La presse rapporte que certaines banques l’appliquent depuis lundi et nous avons demandé des informations auprès des instituts concernés et du régulateur», commente un porte-parole de la CNC. Une infraction contre les règles de la concurrence pourrait entraîner des sanctions.
Selon le quotidien Cinco Días, la fin de la course effrénée aux taux d’intérêt permettrait à certains établissements de restaurer leurs marges et d’économiser jusqu’à 1,4 milliard d’euros. Mais la fin de cette concurrence signifiera aussi une révision des stratégies commerciales des banques. Car grâce à ces taux intéressants, elles auraient capté, selon Cinco Días, 340 milliards d’euros en 2011 et 2012 sur des dépôts à terme de un et deux ans qui arrivent à échéance cette année. Sur ce total, environ 289 milliards seraient soumis à l’abaissement des rémunérations lors de leur renouvellement.
Plus d'articles du même thème
-
Sky et ITV réunissent leurs forces face aux géants mondiaux du streaming
La filiale de Comcast déboursera jusqu’à 1,6 milliard de livres pour le rachat d’ITV Media and Entertainment. Le nouvel ensemble pèsera 20% de l’audience britannique, derrière la BBC et devant YouTube. -
BCPE pousse les feux sur son offre crypto pour attirer les jeunes
Hexarq, l'offre de trading de cryptoactifs de BPCE, est désormais déployée dans la plupart des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires. Son modèle tarifaire évolue pour cibler les plus jeunes. -
La zone franche de Shanghai devient une place majeure de l’internationalisation du yuan
Alors que la Banque Populaire de Chine vient de prendre de nouvelles mesures pour favoriser l’utilisation du yuan à l’international, les échanges via Shanghai sont déjà en hausse et devraient permettre le rapprochement entre yuan onshore et offshore.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Les actions coréennes approchent du bear market
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon -
Paiement numériqueLes TPE face à l'IA : entre curiosité, pragmatisme... et prudence
Pour les TPE, la révolution numérique ne se fera pas à coups d'annonces spectaculaires, mais par l'adoption progressive de solutions capables de prouver, jour après jour, leur valeur ajoutée