La Banque d’Espagne compte intervenir dans la guerre des dépôts
Les caisses d'épargne espagnoles ont gagné 3,4 milliards d’euros l’année dernière, soit 23% de moins qu’en 2009. La réduction des marges et la récession économique ont marqué un exercice «compliqué», selon José Maria Méndez, directeur de la Confédération espagnole des caisses d'épargne (CECA) qui présentait hier à Madrid les résultats consolidés du secteur. Le bilan n’inclut pas les deux caisses qui ont été saisies par la Banque d’Espagne (BDE), Caja Castilla La Manche et Cajasur.
La récession s’est traduite par «une timide augmentation du bilan et une baisse généralisée des marges du secteur», reconnaît la CECA. Les marges d’intérêt perdent en effet 25% et tombent à 14,7 milliards d’euros, en raison notamment des difficiles conditions de financement sur les marchés et la concurrence d’autant plus féroce que se livre le secteur pour capter des dépôts plus rares.
La CECA insiste notamment sur la baisse de 4,7% du volume de dépôts contrôlé par les caisses, 757 milliards d’euros, contre 914 milliards d’euros pour le volume d’encours de crédits qui perd 1,3%. Les caisses continuent de représenter environ 50% du secteur financier espagnol.
Inquiète devant la recrudescence de la guerre des dépôts – la CAM a notamment lancé un compte rémunéré à plus de 4% alors même qu’elle sollicite l’aide des fonds publics – la BDE a décidé d’agir, a révélé hier le quotidien Cinco Días. L’exécutif espagnol préparerait ainsi un nouveau décret qui prévoit de lester deux fois plus lourdement les dépôts à haut rendement. «Les dépôts à plus de 3 mois qui offrent un rendement annuel supérieur à l’Euribor moyen à 6 mois plus 150 points de base compteront double à l’heure de calculer le montant versé au fonds de garantie des dépôts», auquel participent les caisses, banques et établissements de crédit, explique Cinco Días. Les dépôts à court terme seront également «punis» s’ils offrent plus de 150 pb de plus que l’Euribor moyen à 3 mois. Plusieurs dirigeants de grandes banques ont dénoncé publiquement ces derniers jours le danger que cette «guerre du passif» représente pour leurs marges.
Le fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC) a pour sa part indiqué hier qu’il pourrait investir jusqu'à 13 milliards de dollars dans le secteur financier espagnol s’il y percevait des opportunités intéressantes.
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